Suisse - Vaccin ou pas vaccin? La question se politise toujours plus
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SuisseVaccin ou pas vaccin? La question se politise toujours plus

Alors que le nombre d’infections augmente en flèche, politiciens et experts souhaitent utiliser davantage le passeport Covid, voire faire payer les non-vaccinés. Mais la résistance est forte.

Faudra-t-il un certificat pour aller au resto, voire à son travail?

Faudra-t-il un certificat pour aller au resto, voire à son travail?

20min/Taddeo Cerletti

Alors que la Suisse enregistre toujours plus de cas de contaminations et que le nombre de vaccinations stagne, les propositions fusent de toutes parts pour enrayer cette hausse. À commencer par l’usage plus large du certificat Covid. Si aujourd’hui il est obligatoire pour toute personne qui voyage à l’étranger ou qui souhaite assister à un grand événement ou entrer dans une discothèque, il n’est pas encore indispensable pour prendre les transports publics ou sur son lieu de travail.

Cela pourrait changer, d’autant que 25% de la population est totalement réfractaire au vaccin, selon un récent sondage Sotomo. Du coup, toujours plus de voix aimeraient que le certificat soit exigé dans d’autres secteurs. Ainsi Anne Lévy, directrice de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), a récemment déclaré imaginer étendre l’usage du passeport Covid pour aller au restaurant par exemple. Selon Christoph Berger, président de la Commission fédérale pour les vaccinations, le certificat pourrait aussi être obligatoire pour des petits événements, et même sur le lieu de travail. Un avis partagé par Valentin Vogt, président de l’Union patronale suisse, qui estime que les patrons devraient avoir le droit d’exiger de leurs salariés un certificat. Dans le but notamment de ne pas obliger les collègues vaccinés à porter un masque durant huit heures.

Les non-vaccinés devraient payer leurs soins

Pour d’autres, les non-vaccinés doivent carrément passer à la caisse. Ainsi le conseiller national PLR Kurt Fluri a lancé dans la presse alémanique une proposition choc mercredi: il prône en effet que les personnes refusant toute piqûre et qui tombent malades du Covid paient leurs soins de leur poche. Une façon d’inciter les plus réticents à se faire vacciner, explique-t-il. «Sinon, nous devrons tous attendre une éternité pour retrouver nos libertés», estime-t-il. Comme d’autres, il évoque aussi la fin de la gratuité pour les tests antigéniques qui permettent d’obtenir le certificat Covid aujourd’hui.

Mais la proposition du Soleurois ne suscite pas l’enthousiasme. Selon le sondage Sotomo, seuls 36% des sondés y sont favorables. Le seul soutien politique provient en outre du PLR et à une courte majorité (51%, selon un sondage), explique la Neue Zürcher Zeitung jeudi. Même l’UDC est opposée à cette dérogation au principe de solidarité en matière d’assurance maladie, souligne la NZZ.

L’UDC la plus réfractaire

Cette divergence sur la vaccination entre les deux grands partis de droite montre à quel point le débat sur la question est en train de se politiser. Si à gauche comme à droite, une majorité est pour la vaccination, il faut aller à l’UDC pour trouver le plus grand taux de réfractaires. 51% de ses membres refusent les piqûres tandis que 57% rejettent le certificat, selon un récent sondage Sotomo. «C’est un phénomène nouveau qu’une vaccination soit politisée de cette manière», souligne dans la NZZ le responsable de l’enquête.

Et ce n’est pas fini puisqu’un référendum contre la loi Covid a été déposé ce mois-ci à Berne. Muni de 187’000 signatures, le texte, soutenu notamment par les Jeunes UDC, s’en prend au certificat Covid-19: le statut vaccinal ne doit pas devenir la condition à la participation à la vie sociale, ce serait anticonstitutionnel et condamnable, et aucune menace ne le justifie, selon eux.

À voir si l’UDC soutiendra les opposants. Lors du vote de la première version de l’examen de la loi Covid au Parlement en juin, le parti avait décidé de s’abstenir de voter car il ne voulait pas mettre en péril l’aide économique inscrite dans la loi. Cette fois-ci, l’UDC pourrait soutenir le référendum, d’autant que certains partis cantonaux ont déjà annoncé leur soutien. Les comités de parti de l’UDC décideront le 20 août de la recommandation référendaire à adopter.

(cht)

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