21.06.2019 à 17:58

ScandaleVaches à hublot: «Ça ne fait pas souffrir l’animal»

Des politiques français se sont exprimés suite à la diffusion d'une vidéo choc par l'association L214 dénonçant la pratique de la «fistulation». Que l'on retrouve aussi en Suisse.

par
Jonathan Zalts

Des employés qui plongent le bras jusqu'au coude dans le ventre de vaches, pour déposer ou retirer des aliments dans leurs estomacs. Les images diffusées mercredi dernier par l'association de défense animale L214 dénonçant la pratique dite des «vaches à hublot» en ont choqué plus d'un.

C'est notamment le cas de Brune Poirson, secrétaire d'Etat française à la Transition écologique. Interrogée à ce sujet dans l'émission «Territoire d'Infos», sur la chaîne Public Sénat, cette dernière s'est dite «choquée» et «retournée» par la vidéo et a expliqué s'être «immédiatement renseignée pour en savoir plus.»

La secrétaire d'Etat a ensuite précisé qu'il s'agissait bien là de «pratiques scientifiques qui ne font pas souffrir l'animal», qu'elles étaient «utiles», mais qu'il fallait mieux les encadrer. «Je pense même que l’on peut aller vers d’autres pratiques qui peuvent avoir les mêmes résultats. L’INRA (ndlr: Institut national de la recherche agronomique)travaille sur d’autres pratiques et va proposer des conclusions d’ici 2025.»

Et d'ajouter: «C’est toujours un équilibre compliqué car nous avons besoin de la science, y compris pour développer des médicaments qui peuvent être bénéfiques pour les animaux.»

Même son de cloche du côté de Didier Guillaume, ministre français de l'Agriculture. «C'est scientifiquement important pour la recherche, explique-t-il au micro de BFM TV. Les vaches ne souffrent absolument pas, c'est comme quand on met une fistule à un être humain [...] Mais j'ai conscience que les Françaises et Français qui voient cela puissent être choqués.»

Des «vaches à hublot» en Suisse

Mais si elle indigne aujourd'hui la France, cette pratique, appelée «fistulation», ne date pas d'hier puisqu'elle remonterait au 19e siècle. Elle a notamment été attestée en 1831 dans le cadre d'expériences sur la rumination chez les moutons. Par la suite, elle a été pratiquée sur d'autres animaux, principalement des bovins, afin de permettre un accès aisé à leur rumen sans sacrifice de l'animal.

Et cette opération a été mise en place dans plusieurs pays, et notamment en Suisse où elle est utilisée depuis plus de 35 ans pour les besoins de la recherche avec l'accord des autorités fédérales, selon nos confrères de «24 Heures».

À noter que le but des «vaches à hublot» a évolué avec le temps. Il s'agissait en effet dans un premier temps d'optimiser l'alimentation des animaux, puis d'améliorer les produits laitiers ou encore de réduire les troubles sanitaires. En France, elles sont désormais essentiellement utilisées dans le cadre de travaux visant à réduire la production de méthane des ruminants et ainsi lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

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