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IrakVague d'attentats dans le pays

Au moins 71 personnes ont péri et près de 350 autres ont été blessées dans une série d'attentats samedi et dimanche en Irak.

Les attentats ont fait 71 morts.

Les attentats ont fait 71 morts.

Keystone

Le consulat honoraire de France à Nassiriya, au sud de Bagdad, a notamment été touché.

L'attentat le plus grave a eu lieu près d'Amara, à 300 km au sud de Bagdad, dans le sud-est de l'Irak, non loin de la frontière iranienne. L'explosion dimanche matin de deux voitures piégées près d'un sanctuaire chiite et d'un marché a fait au moins 16 tués et une centaine de blessés, selon des sources médicales et policières.

Bagdad n'a pas été épargnée. Trois attentats à la voiture piégée dans trois quartiers de la capitale ont tué au moins 15 personnes et en ont blessé 57 autres, selon une source au ministère de l'Intérieur et une source médicale.

À une cinquantaine de kilomètres au nord de Bagdad, près de Doudjaïl, ce sont onze soldats qui ont été tués et sept autres blessés dans un attentat suicide à la voiture piégée contre une base militaire dans la nuit de samedi à dimanche. Des coups de feu ont également été tirés.

A Kirkouk, à 250 km au nord de la capitale, une voiture piégée a explosé tôt dimanche près d'un centre de recrutement d'agents de sécurité de la compagnie pétrolière Iraqi North Oil Co. Huit personnes qui faisaient la queue ont été tuées.

Kirkouk a été frappée par plusieurs autres explosions. Une voiture et une moto piégées ont explosé devant un bureau chargé des enquêtes criminelles, faisant sept tués et quarante blessés. D'autres explosions ont fait des tués à Bakouba, Samarra, Bassorah et Touz Khourmato.

La France condamne

A Nassiriya, à 300 km de la capitale, une bombe placée dans une voiture stationnée près du consulat honoraire de France a en outre explosé vers 09h00 (08h00 en Suisse) dimanche, selon une source diplomatique française. Cet attentat a été fatal à un policier chargé de la sécurité. Quatre autres ont été blessés.

Les locaux ont été endommagés par l'explosion mais le consul honoraire, de nationalité irakienne, ne se trouvait pas sur les lieux au moment de l'attentat, a précisé un diplomate français.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a déclaré dimanche que la France condamnait «avec la plus grande fermeté» la vague d'attentats, et notamment celui visant son consulat honoraire à Nassiriah.

Dans un autre quartier de Nassiriah, deux personnes ont été tuées et trois autres blessées par l'explosion d'une voiture piégée. Nassiriah, à 300 km environ au sud de Bagdad, se trouve dans une région relativement stable du pays mais a été au début de l'année le théâtre d'un attentat suicide contre des pèlerins chiites.

Regain de violences

Toutes ces attaques, qui n'ont pour l'heure pas été revendiquées, portent à 101 le nombre de tués dans les violences en Irak depuis début septembre. Cette journée était la plus sanglante depuis le 16 août, où 82 personnes avaient péri.

Les attaques dans le pays se sont certes calmées par rapport à 2006-2007 quand les tués se comptaient par milliers. Mais, neuf mois après le départ des dernières troupes américaines de combat, les autorités irakiennes font face au défi posé par l'Etat islamique d'Irak - des islamistes affiliés à Al-Qaïda - ainsi que par d'autres insurgés sunnites qui montrent qu'ils peuvent toujours organiser des attentats.

Vice-président condamné à mort

Ces violences interviennent alors que la justice irakienne a condamné dimanche à mort par contumace le vice-président sunnite Tarek al-Hachémi, un des plus véhéments critiques du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, pour avoir commandité le meurtre d'un avocate et d'un général.

Le secrétaire particulier et gendre de Tarek al-Hachémi, Ahmed Qahtan, a également été condamné à la mort par pendaison par le tribunal pénal de Bagdad.

Les deux hommes, réfugiés en Turquie, étaient poursuivis pour avoir fomenté l'assassinat de quelque 150 responsables irakiens, dont celui de six juges et du directeur général du ministère de la sécurité nationale. Tarek al-Hachémi conteste ces accusations.

(ats)

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