Environnement - Vaisselle réutilisable: Genève et Zurich mal notées par Greenpeace

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EnvironnementVaisselle réutilisable: Genève et Zurich mal notées par Greenpeace

Une étude comparative publiée lundi par l’ONG montre que les deux plus grandes villes de Suisse produisent encore trop de déchets.

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Comm/JBA
La vaisselle réutilisable permettrait d’éviter ce genre de scènes dans certaines villes de Suisse, insiste Greenpeace (image d’illustration).

La vaisselle réutilisable permettrait d’éviter ce genre de scènes dans certaines villes de Suisse, insiste Greenpeace (image d’illustration).

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Greenpeace Suisse a publié aujourd’hui une étude comparative sur les mesures mises en place par les villes suisses pour soutenir les solutions réutilisables et ainsi lutter contre les déchets. Parmi les 15 chefs-lieux interrogés, Bâle et Berne se distinguent dans le haut du classement, suivis de près par Fribourg, indique l’ONG. À l’opposé, le bilan de Genève est plutôt médiocre, celui de Zurich mauvais. Selon un communiqué de Greenpeace, les villes ont un rôle majeur à jouer pour que le réutilisable «puisse devenir la norme».

L’étude comparative analyse les mesures prises jusqu’à présent par les 15 chefs-lieux cantonaux les plus peuplés pour soutenir les solutions réutilisables, en particulier lors de manifestations, dans le secteur de la restauration et auprès de leur population. Bellinzone n’ayant pas répondu, les 14 villes se répartissent en trois groupes, des bons élèves aux derniers de classe.

Parmi les villes interrogées, Bâle et Berne sont leaders dans de nombreux domaines. Fribourg et Saint-Gall se situent en bonne voie, contrairement à Zoug, Coire, Frauenfeld, Zurich et Schaffhouse, qui n’ont jusqu’à présent fait aucun effort significatif. Les villes du milieu du classement (Lucerne, Sion, Lausanne, Neuchâtel et Genève) ont un bilan mitigé, avec des prescriptions étendues dans certains domaines seulement et insuffisantes dans d’autres.

Source: Greenpeace Suisse

À l’échelle romande, Fribourg est donc la cité la mieux notée, tandis que la Cité de Calvin ferme la marche. Le délai de réponse au questionnaire ayant été fixé à début juin, cette étude ne tient pas compte des récentes annonces neuchâteloises et genevoises sur leurs prescriptions en matière de gestion des déchets. Certains secteurs devraient retenir prioritairement l’attention, à l’image des manifestations soumises à autorisation sur le domaine public pour lesquelles toutes les villes interrogées n’exigent pas encore de contenants réutilisables pour les boissons et les aliments.

«Un domaine également important où presque toutes les villes ont du retard à rattraper est celui des cantines du personnel communal, la vaisselle réutilisable pour les repas à l’emporter pourrait être rendue obligatoire relativement facilement. Autre potentiel d’amélioration dans presque tous les cas: stipuler des prescriptions relatives à la réutilisation dans les contrats de location des bâtiments ou propriétés publics telles que piscines, cantines scolaires ou musées municipaux», constate l’autrice du rapport Ulrike Saul, d’EKU-Logisch.

Pour répondre durablement à la crise du plastique et plus généralement des déchets, il est indispensable d’encourager le recours à des systèmes réutilisables, insiste l’ONG. «Cette étude met en lumière le fort potentiel d’amélioration de nos villes, qui dans leur rayon d’action peuvent et doivent faire en sorte que le jetable devienne l’exception et le réutilisable la norme», indique le chargé de campagne «Zéro déchet» pour Greenpeace Suisse Florian Kasser.

Favoriser le réutilisable

Greenpeace Suisse demande aux villes de développer une stratégie globale afin que toute activité sur le domaine public ne se fasse qu’avec des systèmes réutilisables, sans recours aux fausses solutions que sont les matériaux de substitution (papier, carton, bioplastique) qui cimentent la culture du jetable. Pour préserver l’environnement et le climat, il est urgent de remplacer toute forme de jetable par du réutilisable, souligne Greenpeace.

La Suisse est le 4e plus gros producteur de déchets par habitant et par an au niveau européen, selon une étude de l’OCDE, citée par Greenpeace. Les emballages à usage unique, qu’ils soient en plastique ou composés de matériaux alternatifs, constituent une part importante de ces déchets. Les villes sont directement concernées: elles doivent gérer l’élimination des ordures ménagères et l’augmentation de déchets liés à la restauration à l’emporter. Elles ont en parallèle un rôle central à jouer: les villes peuvent contribuer de manière décisive à promouvoir le recours à des systèmes réutilisables dans leur sphère d’influence grâce à un large éventail d’options, affirme encore Greenpeace Suisse.

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