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AnalyseValais, dernière ligne droite pour Mathias Reynard

En Valais, ce sont toujours les fortes personnalités qui ont damé le pion au PDC. Après Peter Bodenmann ou Oskar Freysinger, Mathias Reynard a toutes les cartes pour relever le défi.

par
Eric Felley
Mathias Reynard et Brigitte Wolf lors de l’élection au Conseil des États en 2019. En 2021, ils repartent pour un tour avec Magali Di Marco.

Mathias Reynard et Brigitte Wolf lors de l’élection au Conseil des États en 2019. En 2021, ils repartent pour un tour avec Magali Di Marco.

FB

Fin 2019, lors du second tour de l’élection au Conseil des États, le conseiller national Mathias Reynard (PS/VS) avait obtenu 43,6% des voix, soit un résultat largement supérieur à la force de la gauche valaisanne. Il lui faudra garder cette «niaque» pour conserver le siège socialiste au Gouvernement valaisan lors des élections cantonales des 7 et 28 mars prochains. Depuis lundi, les jeux sont faits, huit candidatures ont été déposées.

Si le Mathias Reynard n’avait pas manifesté son intérêt pour conserver le siège socialiste laissé par Esther Waeber-Kalbermatten, ces élections 2021 se seraient déroulées comme du papier à musique. Les ambitions du Saviésan donnent du relief à ce rendez-vous, avec en point de mire une nouvelle occasion de mettre fin à la majorité du PDC au Gouvernement, qui dure depuis 170 ans.

Aux élections fédérales de 2019, le PDC avait fait son plus faible résultat de l’histoire avec 34,8% des suffrages. Il était suivi par la gauche (PS et Verts) avec 25,7%, l’UDC 19,8% et le PLR 16,5%. Cependant, le PDC revendique la majorité au Gouvernement en visant trois sièges sur cinq. Malgré sa baisse constante, il peut encore se le permettre, car le système de scrutin majoritaire valaisan demeure favorable au plus fort.

Le siège PLR en danger

Les deux sortants du PDC, Christophe Darbellay et Roberto Schmid, ne semblent pas menacés, tandis que l’élection du conseiller national Franz Ruppen pour l’UDC paraît acquise. Il reste donc trois candidats qui se disputent deux sièges: Mathias Reynard (PS), Serge Gaudin (PDC) et Frédéric Favre (PLR). Certes, il faut compter aussi sur les candidatures des deux écologistes Brigitte Wolf dans le Haut-Valais et Magali Di Marco dans le Bas-Valais. Mais celles-ci ont peu de chances de se hisser à la hauteur des hommes dans le classement final.

Dans cette triangulaire, le PLR Frédéric Favre est le plus en danger. D’une part, l’électorat PLR n’a cessé de se réduire. De l’autre, après la défaite des JO 2026, le conseiller d’État est resté plutôt discret. Il n’a pas profité de sa fonction pour devenir une personnalité incontournable de la scène valaisanne. S’il veut être réélu, il est obligé d’avoir du soutien. Il y a quatre ans, le PDC l’avait soutenu pour écarter Oskar Freysinger. Cette année, le PDC ne pourra le prendre sous son aile sans risquer de le présenter comme son quatrième conseiller d’État.

Pour battre le PDC en Valais, il faut une forte personnalité. Peter Bodenmann en 1997 et Oskar Freysinger en 2013 avaient eu cette aura qui survole l’électorat. Mathias Reynard est dans cette dynamique, qui pourrait être ralentie par les contraintes sur le terrain de la campagne à cause de la pandémie. Mais là, tout le monde est logé à la même enseigne. C’est le cas du nouveau venu du PDC, Serge Gaudin, qui s’est imposé à l’interne du parti, sans que les Valaisans le connaissent vraiment. Le 24 décembre, il s’est offert une pleine page dans «Le Nouvelliste» pour souhaiter de bonnes Fêtes à ses futurs électeurs et électrices. L’avenir dira si les Valaisan (ne) s ont bien compris le message.

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