01.11.2019 à 05:55

Valais: deux jours avant la fin du monde

Editorial

Dimanche, les Valaisans sauront si un socialiste peut les représenter à la Chambre des cantons. Après une courte campagne, Mathias Reynard a les faveurs des bookmakers.

par
lematin.ch
Le socialiste valaisan Mathias Reynard.

Le socialiste valaisan Mathias Reynard.

Keystone

Ce fut une courte et intense campagne entre les deux tours de l'élection au Conseil des Etats en Valais, focalisée sur le combat entre la démocrate-chrétienne Marianne Maret et le socialiste Mathias Reynard. Cette campagne a montré un PDC aux abois, qui a déjà perdu un siège au Conseil national le 20 octobre et vu fondre ses suffrages de 39% à 35%. Comme il l'a déjà éprouvé par le passé, ce n'est pas dans ces circonstances qu'il est le plus intelligent.

Le vrai Valais

Cette fin de campagne ressemble à celle qui a envoyé balader les jeux olympiques, il y a deux ans. Les Valaisan(e)s ne semblent pas trouver la flamme pour plébisciter encore un certain establishment autour du PDC dominateur. Comme d'habitude, dans ces moments de tension, où l’adjectif «historique» est sur toutes les lèvres, il se trouve une sorte de vrai Valais confronté à une foule disparate d’adversaires, une alliance d’intérêts «contre-nature», qui veut sa perte.

Le yin et le yang

Les trois conseillers d'Etats du PDC se sont ainsi manifestés pour défendre la candidature de leur «petite sœur». Mais, en sortant de leur réserve au dernier moment, ils attestent plus de la panique du parti que d'une réelle stratégie. Les trois ministres soutiennent que le Valais doit parler d'une seule voix à la Chambre des cantons, sinon il est perdu. C'est clair, quand le très conservateur Beat Rieder, - le Poutine du Lötschental comme on le surnomme là-haut - votera noir, le socialiste du Valais romand votera très souvent blanc. Ils seraient comme le yin et le yang valaisan sous la Coupole. Mais de toute façon l'ordinaire à Berne n'est-il pas d'additionner des votes qui s'annulent les uns les autres ?

Visite au cimetière

En ce jour de la Toussaint, où les Valaisans et les Valaisannes vont au cimetière pour visiter leurs défunts, ils en entendront peut-être qui se retourneront dans leur tombe. Si un socialiste valaisan siège à la Chambre des cantons, c'est que la fin du monde n'est pas loin. C'est pourtant ce qui risque bien d'arriver.

Autant qu'Oskar

En 2013, quand il a été élu au Conseil d'Etat, Oskar Freysinger avait cette aura de gagnant, il était littéralement porté par la victoire. Six ans plus tard, c'est un autre Saviésan qui s'impose pour défendre souvent tout le contraire. Au premier tour, dans certaines communes, le socialiste fait autant de voix que l’UDC à l’époque ! En si peu d'années, soit l’électorat valaisan est instable et versatile, soit il franchit une nouvelle étape dans sa longue émancipation du PDC.

Eric Felley

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