27.09.2020 à 15:23

CommentaireValais: et à la fin c’est toujours le loup qui gagne!

Après vingt ans de luttes, les Valaisans sont passés tout près de l’exploit! La réforme de ce dimanche a échoué pour un poil de mouton… C’est reparti pour vingt ans!

par
Eric Felley
Depuis vingt ans, le loup a occupé plus souvent qu’à son tour les débats au Parlement. Le résultat d’aujourd’hui risque fort de le voir revenir.

Depuis vingt ans, le loup a occupé plus souvent qu’à son tour les débats au Parlement. Le résultat d’aujourd’hui risque fort de le voir revenir.

Getty Images/iStockphoto

On y a cru jusqu’au bout, on allait presque vendre la peau du loup avant de l’avoir tué. Et puis il faut déchanter. En 2001, le conseiller national grison PDC Theo Maissen déposait la première motion pour abroger le statut d’animal protégé accordé au loup. À l’époque, le Conseil fédéral avait envoyé en consultation le «Concept Loup Suisse», qui devrait assurer la pérennité de son retour dans nos montagnes, protégé par la Convention de Berne.

Le 21 novembre 2006, un loup était abattu dans le Chablais valaisan, sur ordre du conseiller d’État valaisan d’alors, Jean-René Fournier. Il avait passé outre la décision du Tribunal cantonal qui avait accordé un effet suspensif à un recours déposé par le WWF contre ce tir. L’élu valaisan l’avait fait empailler et mettre dans son bureau. Pour ces hauts faits, en 2011, le Tribunal de district de Sion l’avait condamné à 60 heures de travail d’intérêt général avec sursis. Une condamnation symbolique qu’il avait portée comme une médaille.

Le dada des élus valaisans

Depuis 20 ans, les interventions valaisannes, grisonnes et parfois bernoises se sont comptées par dizaines au Parlement fédéral. La plupart des élus alpins sont passés par une intervention visant le loup. Les Fournier, Imoberdorf, Freysinger, Amherd, Ruppen, Schmid ou Roduit ont tous fait leur devoir vis-à-vis des moutons. Finalement c’est une motion de Stefan Engler (PDC/GR) déposée en 2014, qui est à l’origine de la modification de la loi sur la chasse, que le peuple suisse a refusée ce dimanche.

Ces dix dernières années, il y a une multitude de débats sur la surveillance des troupeaux, l’indemnisation des éleveurs ou le calcul des moutons tués pour ordonner un tir de régulation. Pendant ce temps, le canidé prenait sa place en Suisse, où l’on compte aujourd’hui neuf meutes, dont 6 aux Grisons et 3 en Valais, qui font quelque 80 loups. Pendant ce temps aussi, de nombreux troupeaux ont été victimes d’attaques imputées aux crocs du prédateur.

La dernière touche de fair-play

C’est à l’usure donc, que les cantons alpins ont fini par obtenir une modification de la loi sur la chasse pour se donner le droit de gérer le problème à leur façon. À la fin du processus parlementaire, ils ont encore ouvert les districts francs à la poursuite d’animaux protégés pouvant être tirés à titre préventif. Les adversaires du loup avaient réussi à supprimer une des dernières touches de fair-play qui restait dans la loi. Ils avaient juste poussé le bouchon trop loin.

C’est peut-être ce jusqu’au-boutisme qui a coûté ce dimanche les quelques milliers de voix, qui ont manqué pour fêter l’égal d’une victoire de coupe en Valais. Quoi qu’il en soit, soyons bons joueurs, le résultat du jour montre plutôt un match nul. La question du prédateur pourra donc demeurer pour des années encore dans les priorités des élus alpins à Berne. Et cela, tant que le loup n’aura pas mangé tous les moutons.

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90 commentaires
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lamidesloups

28.09.2020 à 08:57

C est tres bien comme ça aux eleveurs de faire attention ou ils mettent leurs bêtes et proteger le site barrière capteur de toute sortes etc...

pgf

28.09.2020 à 08:54

Avec le refus de cette nouvelle loi sur la chasse, l'omerta sur certains braconnages passera de plus en plus mal en Valais et ailleurs, il y aura lieu de faire le ménage chez les chasseurs en dénonçant sans façon les tricheurs ceci pour leur bien dans le futur, la chasse pratiquée dans les règles restera tjs un moyen complémentaire nécessaire pour la régulation du gibier.

Animus

28.09.2020 à 07:20

Sujet d'extrême importance vu la vitesse à laquelle l'humain-parasite détruit les espèces vivantes sur la Planète entière provoquant une extinction de masse qui va se retourner forcément contre l'homme...c'est la Loi de l'Univers.