Analyse: Valais: tous sauf Reynard ou tous sauf Gaudin?
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AnalyseValais: tous sauf Reynard ou tous sauf Gaudin?

Le PDC valaisan ne veut pas du socialiste au Conseil d’État. Pour le battre, il doit convaincre les Haut-Valaisans de soutenir à fond Serge Gaudin et Frédéric Favre.

par
Eric Felley
Des bureaux de vote bilingue pour les électrices et les électeurs valaisans, qui ont rendez-vous le 28 mars.

Des bureaux de vote bilingue pour les électrices et les électeurs valaisans, qui ont rendez-vous le 28 mars.

François Melillo

6000? 7000? 8000? Combien faut-il de voix supplémentaires au candidat du PDC Serge Gaudin pour battre le candidat socialiste Mathias Reynard le 28 mars prochain? Pour le PDC valaisan, l’enjeu du 2e tour des élections cantonales n’est pas seulement de faire élire ses trois candidats, mais d’écarter aussi le socialiste, troisième du 1er tour avec 6000 voix d’avance sur son candidat. Le PDC lui préfère le conseiller d’État sortant Frédéric Favre (PLR), largement soutenu dimanche dernier dans les fiefs du PDC.

Du côté du PDC, le mot d’ordre serait donc «Tous sauf Reynard». Mais dans le Valais romand, les autres partis lui répondent: «Tous sauf Gaudin!» Au PS, au PLR et même à l’UDC du Valais romand, d’aucuns défendent un Gouvernement où sont représentées les quatre principales forces politiques du canton: 2 PDC, 1 UDC, 1 PLR et un PS. Soit Roberto Schmidt, Christophe Darbellay, Franz Ruppen, Frédéric Favre et Mathias Reynard.

Serge Gaudin, inconnu en politique il y a une année, représente le parfait candidat du système. Il est l’homme qui illustre la volonté du PDC de maintenir sa majorité du Gouvernement avec seulement 35% de l’électorat. Mais le PDC n’a que faire du partage proportionnel du pouvoir, tant que le mode d’élection majoritaire lui permet de gagner. Pour cela, depuis plus de 170 ans, il compte sur l’addition des forces conservatrices du Haut-Valais avec celles du Bas. Mais cette fois, la partie sera serrée.

Au 2e tour, l’électorat du Valais romand ne devrait pas modifier fondamentalement son vote. C’est donc dans le Haut-Valais que se jouera une nouvelle opération de type «catacombes» selon la terminologie valaisanne. Pour battre Mathias Reynard, il faudra que le PDC et l’UDC du Haut mobilisent leurs sympathisants par milliers pour gonfler les résultats de Serge Gaudin et Frédéric Favre. En retour, le PDC du Valais romand pourrait soutenir d’autant Franz Ruppen.

Jusqu’ici, le Haut-Valais a toujours pu imposer sa loi au Valais romand à travers ce type de marchandage. On l’a vu encore lors de l’élection de Marianne Maret au Conseil des États en 2019 contre le même Mathias Reynard. Mais cette fois, c’est un scénario de grande ampleur, qui n’est pas sans risques pour les Haut-Valaisans. Ils pourraient finir les dindons de la farce en laissant leur siège à Serge Gaudin.

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