18.10.2020 à 21:19

MotocyclismeValentino Rossi a souffert… à distance

L’un des deux grands absents de ce GP d’Aragon (avec Marc Marquez) a connu un dimanche difficile. Mais pas en ce qui concerne sa propre santé, lui qui a été contrôlé positif au Covid-19.

par
Jean-Claude Schertenleib

Seul à Tavullia, à regarder la télévision

«Je me sens encore un peu faible, mais je n’ai plus de fièvre. En fait, j’ai été malade pendant un jour et demi et là, ça va déjà mieux»: la télévision italienne Sky, qui retransmet les GP et qui est aussi le partenaire principale des teams Moto3 et Moto2 de VR46, était bien sûr en contact tout le week-end avec le patron. Dont la journée a été compliquée: Vietti qui fait le mauvais choix de pneumatique en Moto3 – il avait joué gagnant à cette loterie il y a une semaine, au Mans -, son demi-frère Luca Marini qui tombe en début de course et qui perd son leadership en Moto2, puis Marco Bezzecchi, qui n’évite pas l’erreur à quelques encablures de l’arrivée, dur, dur, la course à distance: «J’étais persuadé que «Bezze» allait gagner; jusqu’à sa chute, son pilotage avait été parfait», analyse Rossi. L’isolement? «Beaucoup plus compliqué que le confinement. Pendant cette période-là, j’étais à la maison, mais la vie continuait. Depuis la semaine dernière, je ne vois personne et c’est ennuyeux.» Valentino Rossi ne reprendra du service que dans trois semaines, pour la première des deux courses de Valencia. Et dimanche prochain, il ne sera pas remplacé, ainsi en ont décidé les responsables de Yamaha. Dont les équipes ont du pain sur la planche les quelques jours à venir, pour trouver des solutions techniques aux problèmes que les trois pilotes de M1 ont connus en course, spécialement avec la roue avant.

Quand Alex Marquez parle de son potentiel

Le héros de ce GP d’Aragon, c’est bien lui, le champion du monde Moto2 en titre, Alex Marquez. Deuxième entre les deux Suzuki et très proche de sa première victoire en MotoGP: «Il ne faut surtout pas s’emporter après ces deux podiums de suite. Mon vrai potentiel, c’est celui du «rookie» que je suis, qui doit essayer de consolider ses performances à hauteur de la huitième place à chaque séance. Aujourd’hui, parce que j’avais déjà mon premier podium dans la poche depuis le GP de France, je voulais la victoire; j’ai commis deux petites erreurs en fin de course. Mais pour moi, c’est un podium en lettres majuscules, même si j’ai encore beaucoup à apprendre.» Beaucoup, vraiment? «Disons que c’est plus facile de progresser quand on est 14e que lorsqu’on termine deuxième, si près de la victoire», sourit Marquez junior. «Ces dernières semaines, nous nous sommes approchés des réglages qu’utilise Marc. J’ai aussi appris à comprendre pourquoi tout le monde dit que la Honda est une moto difficile, tout simplement parce qu’avec cette machine, tu ne peux pas tout jouer sur la puissance maximale (clin d’œil à Ducati) ou sur l’agilité (n’est-ce pas, Messieurs Rins et Mir, pilotes de Suzuki), il faut trouver les meilleures solutions dans tous les domaines.» Reste que la démonstration du petit frère du multiple champion du monde n’est pas passée inaperçue.

Alex Marquez profite de sa deuxième place au GP d’Aragon. (Photo by Mirco Lazzari gp/Getty Images)

Alex Marquez profite de sa deuxième place au GP d’Aragon. (Photo by Mirco Lazzari gp/Getty Images)

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Le pneu, cet élément clé

Depuis que l’on travaille selon le système du fournisseur unique (Dunlop en Moto3 et en Moto2, Michelin en MotoGP, mais aussi Pirelli en superbike), le terme «pneumatique» est celui qu’on entend le plus souvent. Sur chaque circuit, en fonction de ses spécificités, les fournisseurs proposent plusieurs choix de gommes et toutes les équipes ont à disposition la même palette. Aux techniciens et aux pilotes de faire le meilleur des choix. Ainsi, si les Suzuki de Rins et de Mir sont moins gourmandes que d’autres motos et que leurs pilotes font souvent le choix du mélange le plus tendre, d’autres machines, aux caractères différents, préfèrent le «medium», voire le dur. «Pour nous, c’était clair depuis hier, et plus encore après le warm-up de ce matin: il fallait choisir le medium à l’avant et je me demande même si avec le dur, je n’aurais pas évité les deux petites erreurs commises en fin de course», analyse Alex Marquez. Une chose est certaine, chez Yamaha, pour la seconde course en Aragon, dimanche prochain, on devrait faire d’autres choix.

Lüthi: «A la limite et beaucoup trop lent»

La classe Moto2, malgré quelques coups d’éclat des Speed Up italiennes – ce dimanche, Navarro est tombé dès le premier virage et Di Giannantonio n’a pas évité la chute alors qu’il venait de prendre la tête -, les châssis allemands Kalex sont dominants. Ce sont donc aux équipes de faire la différence et ce n’est pas être méchant que d’écrire que le team allemand Liqui Moly Intact GP, qui avait une réputation d’excellence il y a quinze mois encore, ne trouve plus de solutions. Et quand on dit équipe, on ne pense pas seulement aux techniciens, mais aussi aux pilotes, qui doivent faire partager leurs impressions pour que les hommes de science leur apportent les solutions qui conviennent. Or… «Aujourd’hui, je n’ai pas eu la moindre chance. Pendant toute la course, j’étais au-delà de la limite et malgré cela, beaucoup trop lent. Nous ne trouvons pas de solutions, j’étais en grandes difficultés dans les virages rapides, j’étais incapable de me défendre quand un adversaire me dépassait et tout aussi incapable d’attaquer dans les freinages, ce qui a toujours été un de mes points forts.» Vous l’aurez deviné, c’est Thomas Lüthi qui parle. Douzième de la course et retombé à la neuvième place du championnat du monde.

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