Actualisé 28.11.2016 à 01:03

PrimaireValls n'exclut pas d'être candidat face à Hollande

Cette possibilité pourrait créer une situation institutionnelle inédite.

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Benoît Hamon a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel. (Mardi 28 mars 2017)

Benoît Hamon a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel. (Mardi 28 mars 2017)

AFP
La presse qui enterrait le PS la semaine dernière, pense que finalement le parti «bouge encore» après la victoire sans appel du frondeur Benoît Hamon. (Lundi 30 janvier 2017)

La presse qui enterrait le PS la semaine dernière, pense que finalement le parti «bouge encore» après la victoire sans appel du frondeur Benoît Hamon. (Lundi 30 janvier 2017)

Keystone
Benoît Hamon est sorti largement vainqueur du deuxième tour de la primaire de gauche. Après des résultats partiels dévoilés en cours de soirée, il était crédité de 58,65% des voix. (29 janvier 2017)

Benoît Hamon est sorti largement vainqueur du deuxième tour de la primaire de gauche. Après des résultats partiels dévoilés en cours de soirée, il était crédité de 58,65% des voix. (29 janvier 2017)

AP, Keystone

Manuel Valls continue à défier François Hollande en n'excluant pas de se présenter face à lui à la primaire du PS, pression supplémentaire sur un chef de l'État sur le point de se lancer qui crée une situation institutionnelle inédite.

À ses yeux, «le contexte a changé», sous-entendu en défaveur du chef de l'État, qui doit dire d'ici au 15 décembre -date limite du dépôt des candidatures à la primaire du PS- s'il brigue, comme en sont persuadés ses proches, un second mandat.

«L'heure est venue» pour Hollande «de relever ce défi» d'une nouvelle candidature, «c'est son devoir», l'a exhorté dimanche soir son ami Julien Dray.

Manuel Valls a ainsi emboîté le pas de son désormais «ami» Claude Bartolone qui, toujours aussi en colère contre François Hollande après ses confidences peu amènes sur lui, a joué samedi les trouble-fête lors d'un rassemblement «rouge-rose-vert» organisé par Martine Aubry. Il a ainsi plaidé pour un «électrochoc», avec une primaire incluant Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, François Hollande... et le chef du gouvernement.

Hérésie institutionnelle

Un président de la République et son Premier ministre concourant dans la même compétition? Une hérésie institutionnelle aux yeux de beaucoup. «Irresponsable, pas crédible», a dénoncé le député PS pro-Hollande Kader Arif.

Cette sortie de Claude Bartolone a au contraire ravi les vallsistes, le maire d'Évry Francis Chouat y voyant «la preuve que la seule évidence, c'est qu'il n'y a plus d'évidence institutionnelle».

Le chef de l'État n'a-t-il pas lui-même bousculé les règles en se disant dès juin prêt à en passer par la case primaire? Une situation là aussi totalement inédite pour un président sortant, soulignent d'autres.

Rumeurs de démission

Dans la soirée, les rumeurs sur une très prochaine démission de Valls ont agité la twittosphère. «Valls déjeunera comme prévu lundi avec Hollande avant d'aller en Tunisie», se sont empressés de démentir de concert auprès de l'AFP les entourages des deux hommes.

Un ministre proche de Manuel Valls semblait d'ailleurs tempérer les ardeurs de certains vallsistes prêts au «putsch»: «Une candidature de Hollande et de Valls, c'est peu probable. Valls est équilibré, il n'est pas dans un tout ou rien», sous-entendu contrairement à Emmanuel Macron, qui a claqué la porte du gouvernement fin août.

«Maintenant», lâche aussitôt ce même ministre, «ce serait mieux pour tout le monde si le président renonçait et laissait Valls y aller». Valls «n'a jamais eu un mot» contre Hollande, a assuré dimanche soir le très vallsiste Jean-Marie Le Guen.

Valls était «déjà allé trop loin» , pour Macron

«Hollande renoncer? C'est mal connaître l'animal politique qu'il est. Tout le monde a compris que Valls voulait le pousser dehors, mais le président ne se laissera influencer par personne. Et puis, si Valls y va, il n'est plus Premier ministre», rétorque un ministre hollandais.

Emmanuel Macron n'a pas manqué lui d'ironiser sur le fait que Valls était «déjà allé trop loin» et devait «prendre ses responsabilités». «On ne ne peut pas être à la fois Premier ministre et candidat à la primaire», a renchéri Arnaud Montebourg, qui se verrait bien affronter Hollande à la primaire.

«Valls bluffe et ne passera pas à l'acte», veut croire un autre hollandais, en soulignant que «ce qui a fait la force de Fillon, c'est aussi qu'il n'a jamais trahi Sarkozy à Matignon, même s'il a rongé son frein».

Le sondage Harris Interactive publié dimanche soir pourrait calmer les ardeurs de Valls, qui ne ferait pas mieux (9%) que Hollande au premier tour de la présidentielle s'il était le candidat PS.

(AFP)

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