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FOOTBALLValon Behrami: «Je suis très fier d'être suisse»

Cible principale du public albanais lors de la victoire helvétique à Tirana (1-2), le joueur de Naples a souffert. Mais au bout, il y a un grand bonheur: le Mondial au Brésil.

par
Simon Meier
Tirana
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C'est fini! Valon Behrami (2e depuis la g.) et ses coéquipiers peuvent aller saluer les supporters suisses qui ont fait le déplacement de Tirana.

C'est fini! Valon Behrami (2e depuis la g.) et ses coéquipiers peuvent aller saluer les supporters suisses qui ont fait le déplacement de Tirana.

Keystone
Valon Behrami s'est fait tatouer le drapeau albanais sur le mollet droit.

Valon Behrami s'est fait tatouer le drapeau albanais sur le mollet droit.

Keystone

Valon Behrami, on imagine que votre cœur et votre ventre ont beaucoup de choses à dire au terme de cette soirée si particulière...

J'ai été très nerveux durant toute la journée (ndlr: de vendredi), parce que ce n'était pas facile de jouer ici. Maintenant, tout est sorti. Je suis libre dans ma tête. Nous avons obtenu le résultat que nous voulions et, pour moi, c'est magnifique d'obtenir la qualification ici. Mais pendant le match, les supporters de l'Albanie ne se sont pas bien comportés vis-à-vis de moi.

En plus des sifflets, de vilaines insultes sont tombées des tribunes. Comment avez-vous géré et encaissé tout ça?

Ce n'était pas facile, parce que c'est la terre où je suis né. C'est dommage, je m'attendais à d'autres choses. Maintenant, qu'on est à la Coupe du monde, ils vont dire que cinq Albanais y participent. Mais c'est un peu contradictoire, non?

Si, mais on peut aussi le voir d'une façon positive: après avoir passé un séjour difficile à Tirana, vous redevenez un gentil ambassadeur...

(Pas convaincu) Il y a des choses qui se sont passées ce soir que je ne pourrai pas oublier. (Il marque une pause) Je suis très fier d'avoir fêté cette qualification avec l'équipe de Suisse, de jouer pour la Suisse, d'être suisse et de vivre en Suisse. Je suis très fier de ça. Grâce au foot et grâce à nous, les joueurs d'origine kosovare, il y a eu pas mal de publicité pour l'Albanie dans toute l'Europe. Je crois, en fait, qu'on est très importants pour eux. Mais maintenant, il ne faut pas qu'ils viennent nous dire que nous serons leurs représentants au Brésil.

Le Mondial au Brésil, ce n'est pas pour tout de suite, mais c'est bientôt. Que vous inspire la perspective de cet événement unique dans la vie d'un footballeur?

C'est une expérience qui peut devenir inoubliable... si on fait des bonnes choses. Sinon, ça restera une petite expérience. On ne va pas aller là-bas seulement pour participer. On va essayer de faire quelque chose d'important. Aller en huitième de finale, ou en quart, je sais ce que cela signifierait pour le pays. C'est quelque chose que seul le foot peut donner à l'ensemble de la nation, comme en 2006 en Allemagne. A ce moment, je ne jouais pas vraiment, je n'étais pas important. Mais je me souviens de mes parents, au téléphone, qui me racontaient à quel point c'était la folie en Suisse. Nous espérons faire revivre aux gens des moments comme ça.

Sérieusement, Valon, qui peut battre cette équipe de Suisse au Brésil?

(Il se marre) Hé bon, disons qu'on peut être la bonne surprise. On va essayer de faire ça, mais on va y aller doucement.

Ce ne sera sans doute pas le cas en ce soir de qualification. Comment allez-vous fêter ça?

Vous savez, les choses s'enchaînent vite dans le football. Je vais peut-être fêter un peu, mais pas tant que ça. Il y a eu beaucoup d'émotions, une grosse performance et maintenant, je vais plutôt rester un peu tranquille et profiter de ces moments avec mes parents et mes amis, qui sont venus du Kosovo. Il y a un programme de prévu pour les autres, mais moi, je vais rester avec ma famille.

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