Actualisé 22.12.2017 à 13:00

CyclismeVan Avermaet: «une saison quasi parfaite»

«Le Matin» a rencontré le No 1 mondial du cyclisme sur route lors du stage de pré-saison de son équipe BMC, à l'invitation de TAG Heuer. Confidences du vainqueur de Paris-Roubaix 2017, également champion olympique à Rio.

par
Stéphane Combe, Dénia (Esp)
La victoire à Paris-Roubaix a constitué le sommet d'une saison historique pour Greg Van Avermaet

La victoire à Paris-Roubaix a constitué le sommet d'une saison historique pour Greg Van Avermaet

Keystone

Vous finissez l'année 2017 au premier rang mondial. Est-le signe d'une cuvée parfaite?

Cela signifie en tout cas beaucoup pour moi, car ça veut dire que j'ai été le meilleur entre janvier et octobre. Voir son nom devant ceux de Froome, Dumoulin ou Sagan est sans aucun doute un motif de fierté. Atteindre la place de No 1 était quelque chose que je voulais réaliser une fois dans ma vie et c'est désormais le cas. J'aurais bien aimé avoir un maillot distinctif, mais malheureusement il n'en existe pas pour le leader du WorldTour.

Où en êtes-vous dans votre préparation à cette époque de l'année?

Déjà, je vaix bien mieux que l'année passée, car à cette date je marchais avec des béquilles (rires). La fin de saison a été plutôt chargée, avec différents critériums et d'autres cérémonies, mais j'ai aussi pu penser calmement à la saison 2018. Pour être sincère, c'est difficile d'attendre car j'ai hâte d'y être!

Cela donne forcément envie de répéter le même programme en 2018...

J'avoue ne pas encore le connaître à 100%, mais j'imagine que oui car tout s'est enfin passé comme je le souhaitais l'année passée. Les deux dernières années ont été importantes pour moi, car les résultats sont enfin venus après de nombreux échecs. Ces victoires dans les classiques m'ont enlevé un poids énorme des épaules.

BMC n'est pas toujours reconnue comme une équipe de classiques. Avez-vous bouleversé cette philosophie?

Nous avons la chance d'avoir une équipe capable de gagner sur tous les terrains. Ce qui se produit, c'est que parfois tout semble aller bien et tu ne gagnes pas, alors que d'autres fois tu penses que tout va mal pendant la course et tu finis par gagner. Ce qui est sûr, c'est qu'il est fondamental d'être bien entouré par l'équipe pour mettre en place des plans.

Comment expliquez-vous cette saison si parfaite?

J'ai commencé la saison en visant d'abord les classiques. C'était mon grand objectif et je suis arrivé dans une excellente forme au moment clé. J'ai enfin pu gagner une grande classique (ndlr: Paris-Roubaix). Jusque-là, il y avait toujours quelque chose qui ne fonctionnait pas. Et là c'était comme si j'avais conjuré le mauvais sort. Je n'aurais pas pu espérer que cela se passe aussi bien. J'ai eu une incroyable série de victoires après beaucoup de douleurs et de souffrances ces dernières saisons. Réaliser un de mes plus grands rêves, à savoir un Monument, et en plus à Roubaix, c'était génial. Cela faisait longtemps que je me battais pour ça.

Le Tour des Flandres reste-t-il votre plus grand échec?

Clairement. Je pense sincèrement que j'aurais pu le gagner si je n'avais pas été entraîné dans la chute de Peter Sagan.

La course en ligne des Mondiaux 2018 à Innsbruck semble taillée pour les grimpeurs. Mais pensez-vous pouvoir jouer votre carte?

J'irai car je pourrai avoir des options, mais il est vrai que le profil de la course ne me favorise pas. L'avantage sera que je ne serai pas vraiment contrôlé par les autres leaders. Il reste beaucoup de temps d'ici là et il faudra aussi voir comment se déroule la saison et dans quelle condition je serai.

Vous pensez-vous capable de prendre la succession de Tom Boonen ou partagerez-vous ce rôle avec Philippe Gilbert?

Tom était un grand cycliste, même si nous n'avons pas pu rouler ensemble très longtemps cette année puisqu'il a pris sa retraite assez vite. Gilbert est un autre champion hors-catégorie. C'était bien de rouler ensemble chez BMC, mais je crois que nous sommes meilleurs en étant séparés. Parfois, il n'est pas simple de faire cohabiter autant d'égos dans la même équipe.

Vous avez explosé sur le tard, en deuxième partie de carrière. Qu'est-ce qui a changé ces dernières années?

Je crois qu'il s'agit plus d'un changement psychologique que physique. Je me suis souvent senti fort, préparé comme il le fallait, mais ça ne tournait pas. Désormais, j'ai une plus grande ambition. J'ai déjà gagné. Le fait de remporter des victoires te donne aussi l'énergie pour aller en chercher d'autres.

En parlant de changement, qu'est-ce que cela vous fait de voir la diminution de neuf à huit coureurs sur les Grands Tours?

Pour moi, c'est positif. Cela permet d'ouvrir la course, principalement si un grand leader perd quelques coéquipiers rapidement. Jusque-là, nous avons vu une grande domination de la Sky et cela pourrait leur rendre la tâche plus compliquée.

Suffisamment pour permettre à votre coéquipier Richie Porte de remporter le Tour?

Il a montré par le passé qu'il avait la capacité pour monter sur le podium. Malheureusement pour lui, il n'a pas eu beaucoup de chance sur les Grands Tours. Mais je suis convaincu qu'il sera à la lutte en 2018 pour gagner le Tour. Il aura l'appui d'une grande équipe, y compris le mien.

Si vous deviez citer un objectif pour la suite, quel serait-il?

Ce sera difficile de répéter en 2018 ce que j'ai fait en 2017. Ce que j'aimerais surtout faire, c'est remporter à nouveau l'un des Monuments. Roubaix restera un premier rêve et la médaille d'or des olympiques mon principal triomphe en carrière. Alors il me reste à gagner d'autres Monuments ou porter encore le maillot jaune.

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