Suisse: Variole du singe: l'attentisme des autorités critiqué

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SuisseVariole du singe: l'attentisme des autorités critiqué

L’association Pink Cross demande dans une pétition que Berne déclare la «situation particulière», afin de se procurer immédiatement vaccins et traitements pour la communauté gay.

L’OMS a déclenché le 24 juillet le plus haut niveau d’alerte pour la variole du singe.

L’OMS a déclenché le 24 juillet le plus haut niveau d’alerte pour la variole du singe.

Reuters

Le Conseil fédéral doit déclarer sans délai la «situation particulière» et prendre les choses en main», exige Roman Heggli, secrétaire général de Pink Cross. La faîtière des associations gays en Suisse a lancé mercredi une pétition en ce sens. «Le gouvernement doit commander de manière centralisée des vaccins et des médicaments et permettre aux hommes gays, bisexuels et queers de se protéger de la variole du singe», demande le texte.

Pink Cross relève que le premier cas de variole du singe a été recensé en Suisse le 21 mai dernier. Depuis, plus de 340 cas ont été confirmés par un test, presque exclusivement parmi des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, ajoute-t-elle. Un chiffre sans doute bien plus élevé, car l’accès aux tests est très restreint, selon l’association.

De plus, contrairement aux premières attentes, l’affection n’est pas toujours bénigne, selon la faîtière. Certaines des personnes atteintes souffrent de séquelles durables, et les premiers décès ont été enregistrés en Europe chez des personnes sans comorbidités, rappelle-t-elle.

Vaccin toujours pas autorisé en Suisse

Pink Cross critique du coup l’attitude de la Suisse qui ne bronche pas sur ce dossier, alors que l’état d’urgence sanitaire de portée internationale a été déclaré par l’OMS. «Le vaccin n’est toujours pas autorisé en Suisse, et l’autorisation n’est même pas en cours d’examen», dénonce l’association. Or dans de nombreux autres pays européens, aux États-Unis ou au Canada, les hommes gays, bisexuels et queers ont depuis longtemps un accès simple au vaccin, souvent gratuitement et sans inscription.

L’association rappelle que les cantons sont dans l’impossibilité d’obtenir des doses du vaccin car les producteurs ne vendent que des grandes quantités, ce qui rend une commande centralisée par la Confédération nécessaire. Et d’ajouter que les organisations de santé communautaire échangent en vain avec l’OFSP depuis 3 mois. «La Suisse a l’un des meilleurs systèmes de santé, et l’un des plus chers - il est incompréhensible que les hommes gays, bisexuels et queers soient soumis à des risques sanitaires, alors qu’un vaccin et des médicaments existent!» se justifie Roman Heggli.

C’est quoi une «situation particulière»

La loi sur les épidémies permet au Conseil fédéral de prendre des mesures urgentes en cas de «situation particulière». Le gouvernement peut alors ordonner des mesures visant des individus ou la population. Il peut astreindre les professionnels de la santé à participer à la lutte contre les maladies transmissibles ou déclarer obligatoires des vaccinations pour les groupes de population en danger, les personnes exposées et les personnes exerçant certaines activités.

Mais pour qu’il y ait une situation particulière, il faut réunir plusieurs conditions. Il faut ainsi que les organes d’exécution ordinaires ne soient pas en mesure de prévenir et de combattre l’apparition et la propagation d’une maladie transmissible et qu’il existe des risques élevés d’infection ou de propagation pour la santé publique. Il faut aussi que l’OMS constate la présence d’une urgence sanitaire de portée internationale menaçant la santé de la population en Suisse.

(cht)

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