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FranceVaste coup de filet dans les milieux islamistes

Ces interpellations interviennent au lendemain de l'inhumation de Merah près de Toulouse. La police a saisi des armes et placé en garde à vue une vingtaine de personnes.

La police a procédé vendredi à un vaste coup de filet dans les milieux islamistes de plusieurs villes de France. Elle a saisi des armes de guerre et interpellé une vingtaine d'hommes qui auraient reçu un entraînement de type paramilitaire.

Les interpellations n'ont pas de lien direct avec l'enquête sur Mohamed Merah, le jihadiste qui a tué sept personnes dans la région de Toulouse et a été abattu le 22 mars par la police. Elles interviennent cependant après que le président Nicolas Sarkozy a fait de la lutte contre l'islamisme radical un des ses axes de campagne pour l'élection présidentielle.

Nicolas Sarkozy a parlé de 19 arrestations tandis qu'une source judiciaire faisait état d'une quinzaine. «Ce qui s'est passé ce matin va continuer, d'autres opérations permettront d'expulser du territoire des gens qui n'ont rien à y faire», a dit le président- candidat sur Europe 1.

Selon un haut responsable policier, «une centaine» d'islamistes radicaux sont visés. Le président sortant a par ailleurs estimé que la France était traumatisée par les tueries de Toulouse, «un peu» comme les Etats-Unis après le 11-Septembre.

Kalachnikovs saisies

Les opérations de vendredi ont été effectuées notamment à Toulouse et à Nantes par des hommes de l'unité d'élite du Raid et du Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN). Des interpellations ont eu lieu également en région parisienne, autour de Lyon et dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Des armes ont été saisies. Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a fait état de cinq fusils, trois kalachnikovs, quatre pistolets automatiques et un gilet pare-balles. Il n'était toutefois pas certain que les armes soient utilisables, selon une source judiciaire.

L'opération, qui intervient à trois semaines du premier tour de la présidentielle, a été fortement médiatisée. Plusieurs chaînes de télévision ont diffusé des images d'interventions.

Les policiers agissaient sur commission rogatoire de trois juges d'instruction antiterroristes. L'enquête ne porte sur aucun projet d'attentat ou recrutement de combattants, mais vise une «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», donc des soupçons de constitution de groupe dangereux, précise-t-on de source judiciaire.

«Idéologie de combat»

Plusieurs des personnes arrêtées sont soupçonnées d'être proches du groupement islamiste radical Forsane Alizza (»Les «Cavaliers de la fierté»), dissous en février par le ministère de l'Intérieur. Le leader présumé de ce groupe, Mohamed Achamlane, figure parmi les personnes interpellées, a précisé Claude Guéant.

«Ce sont effectivement des gens qui, sur le web, se réclamaient du moudjahidisme et d'une idéologie extrêmement radicale, une idéologie de combat», a dit le ministre à la presse. «Ils avaient un entraînement de caractère paramilitaire».

Les arrestations étaient déjà envisagées par la police avant les meurtres commis par Mohamed Merah mais suscitaient des réserves, a indiqué une source judiciaire. Le débat portait alors sur l'opportunité d'une telle opération en période électorale et surtout sur sa pertinence en terme d'enquête. Certains magistrats et policiers penchaient pour une poursuite des surveillances déjà en cours afin d'approfondir la connaissance des réseaux éventuels.

Complices éventuels de Merah?

Mohamed Merah a été inhumé jeudi soir dans le carré musulman d'un cimetière de Toulouse après le refus des autorités algériennes d'accueillir sa dépouille. Les enquêteurs sont sur la piste d'un ou plusieurs complices dans cette affaire.

Par ailleurs, un jeune homme ayant fait l'apologie des actes commis par Mohamed Merah a été condamné vendredi à trois mois de prison ferme. Jeudi, le gouvernement a interdit la venue pour un congrès islamique en banlieue parisienne de quatre prédicateurs musulmans. Il a aussi «regretté» la participation de l'islamologue genevois Tariq Ramadan à cette manifestation.

(ats)

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