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DisparitionsVaud a répertorié 42 enlèvements d'enfants en trois ans

La Fondation Missing Children Switzerland (MCS) dévoile à l'occasion de la Journée internationale des enfants disparus les premières statistiques cantonales en la matière établies sur la base des données de la police vaudoise.

Mère des deux jumelles disparues de Saint-Sulpice, Irina Lucidi a créé la fondation Missing Children Switzerland afin de soutenir les familles lors de disparition de mineurs, stimuler l'enquête en collaboration avec la police et les institutions, assurer un suivi et encadrer les victimes.

Mère des deux jumelles disparues de Saint-Sulpice, Irina Lucidi a créé la fondation Missing Children Switzerland afin de soutenir les familles lors de disparition de mineurs, stimuler l'enquête en collaboration avec la police et les institutions, assurer un suivi et encadrer les victimes.

ARCHIVES, Keystone

La Fondation Missing Children Switzerland (MCS) organise dimanche à Lausanne une table ronde sur l'alerte enlèvement, à l'occasion de la Journée internationale des enfants disparus. Elle dévoile également les résultats d'une étude selon laquelle 42 enlèvements d'enfants se sont produits dans le canton entre 2010 et 2012.

Mandatée par MCS en 2013, la recherche a été réalisée par l'Université de Lausanne en utilisant les bases de données de la police cantonale vaudoise. Il s'agit des premières statistiques vaudoises en la matière, indique dans un communiqué la fondation MSC, présidée par Irina Lucidi, mère des jumelles de Saint-Sulpice disparues en 2011.

Selon l'extrait de l'étude publié vendredi, quatorze affaires ont été enregistrées en 2010, treize en 2011 et quinze en 2012. Les enlèvements ont touché des enfants âgés majoritairement de moins de dix ans (83,2%).

Des situations de mésentente

Dix-neuf de ces cas concernent un enlèvement d'enfant (national ou international) de la part d'un parent (45%). Dix-sept (41%) se réfèrent à des situations de mésentente entre les parents séparés ou de non-respect du droit de visite de la part du père ou de la mère.

Dans six des 42 affaires, les enfants disparus n'ont pas été rapatriés. Les trois cas de tentatives d'enlèvement par des tiers sont le fait d'inconnus incitant les enfants à monter dans leur voiture. Dans 42%, la durée de la disparition est de moins de 24 heures, dans 19%, elle se situe entre un et 10 jours.

Fugueurs récidivistes

Toujours entre 2010 et 2012, la police cantonale a enregistré 3296 cas de fugue. Ils correspondent à 774 personnes mineures qui ont fugué au moins une fois durant ces trois ans. Parmi elles, on compte 48% de filles et 52% de garçons. Ce chiffre représente environ trois fugues par jour, donc un travail conséquent pour la police, relève l'étude.

Une analyse plus détaillée montre qu'au moins la moitié des mineurs sont des récidivistes âgés en majorité entre 13 et 18 ans (89,9%). Treize de ces mineurs n'ont pas été retrouvés (du moins l'issue de l'affaire ne figure pas au dossier mis à disposition). Les personnes ayant fugué plusieurs fois entre 2010 et 2012 vivaient majoritairement dans des foyers.

Alerte à améliorer

Dimanche lors de la table ronde, MSC veut attirer l'attention sur le système d'alerte enlèvement en Suisse. En janvier 2014, la fondation a lancé sa première campagne de sensibilisation nationale, «Tous pour un». Elle plaidait pour une alerte enlèvement étendue aux pays limitrophes, intégrant les réseaux sociaux et incluant le kidnapping par un parent.

En mars 2014 deux postulats ont été déposés au parlement fédéral par Luc Recordon (Les Verts/VD) et Mathias Reynard (PS/VS) afin d«améliorer le système actuellement en vigueur. Le Conseil fédéral considère que les réglementations légales sont suffisantes. Pour l'heure, ce plan, instauré en 2010, n'a jamais été déclenché.

Evolution nécessaire

MCS reste convaincu que le système doit évoluer. Elle continue sa mobilisation tout en s«engageant à encourager le processus de révision et en proposant son expertise.

L'objectif principal de La Journée internationale des enfants disparus est d'encourager la population à penser à tous les enfants encore portés disparus dans le monde. Il consiste également en une réflexion sur les stratégies de prévention à promouvoir auprès des institutions nationales et à adopter en collaboration étroite avec les pouvoirs publics.

(ats)

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