18.09.2020 à 18:43

CoronavirusVaud justifie son adaptation des critères de quarantaine

Un communiqué publié ce vendredi par le canton de Vaud clarifie la décision d’assouplir les règles de mise en isolement en soulignant un «arbitrage des priorités» face à la hausse importante du nombre de contaminations.

Le Département de la santé et de l’action sociale de Rebecca Ruiz (à droite) et le médecin cantonal Karim Boubaker ont donné des explications vendredi au sujet de l’assouplissement des règles de mise en quarantaine.

Le Département de la santé et de l’action sociale de Rebecca Ruiz (à droite) et le médecin cantonal Karim Boubaker ont donné des explications vendredi au sujet de l’assouplissement des règles de mise en quarantaine.

KEYSTONE/Laurent Gillieron

Chahuté par les médias sur un soi-disant assouplissement des règles de mise en quarantaine en plein regain de la pandémie de coronavirus, le canton de Vaud a tenté vendredi de clarifier sa position. Il précise et justifie dans un long communiqué l’«adaptation nécessaire et ponctuelle» des critères de quarantaine.

«En raison du nombre de cas importants à partir du 8 septembre, le canton de Vaud a transitoirement adapté la mise en application des critères de mises en quarantaine et opéré un arbitrage des priorités», indiquent le Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) de Rebecca Ruiz et le médecin cantonal Karim Boubaker.

«Afin de faire face à la situation, il a en effet été nécessaire d’adapter temporairement le système (…) La priorité a donc été donnée à l’identification des personnes les plus à risque d’avoir été infectées par une personne malade, selon les critères de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP)», poursuivent-ils.

Vivre ou non sous le même toit

En clair: le cadre familial, intime, les personnes vivant sous le même toit (colocation, internat etc.) sont celles qui sont les plus exposées et par conséquent les plus à risque de développer la maladie. «C’est pourquoi ce premier cercle de contacts est celui qui est d’office concerné par les mises en quarantaine», relèvent les services de Rebecca Ruiz.

En revanche, «à l’instar de la pratique d’autres cantons», le partage d’un repas ou d’une soirée festive dans laquelle une personne était contagieuse «ne justifie pas une mise en quarantaine d’office de toutes les personnes du groupe, si aucun autre cas n’apparaît. Le principe de l’auto-surveillance est défini et transmis aux contacts, précisément pour ces situations dans lesquelles un risque de contagion est peu probable mais possible. Cette pratique est en vigueur depuis cet été», expliquent-ils.

«Quarantaine sociale»

Le canton a également voulu apporter des précisions sur la «quarantaine sociale», dans le cercle spécifique des professionnels de santé. Dans certaines situations particulières, il existe une norme nationale Swissnoso (Association des spécialistes du domaine des maladies infectieuses nosocomiales et de l’hygiène hospitalière), rappelle le canton.

Celle-ci stipule qu’«en cas de pénurie de personnel, les professionnels de santé travaillant en contact avec des patients et qui ont été exposés sans protection à un cas confirmé (contact professionnel ou privé) peuvent continuer à travailler avec un masque chirurgical en permanence et en respectant une hygiène des mains irréprochable. Elles surveillent leur état de santé et sont testées et mises à l’arrêt de travail en cas de symptômes».

Les quarantaines de ces personnes en contact de cas positifs peuvent être adaptées après évaluation par l’Office du médecin cantonal, «si la personne concernée, asymptomatique, est essentielle dans les institutions de santé». Dans une telle situation, la personne peut travailler et n’est donc pas en quarantaine à proprement parler dans son travail. Elle l’est en revanche dans sa vie sociale, d’où le terme de «quarantaine sociale» employé uniquement dans ce secteur.

Le traçage se poursuit

La stratégie de traçage des cas et des contacts se poursuit selon les critères de l’OFSP, assure le canton. «Il ne s’agit en aucun cas d’un relâchement ou d’une levée des restrictions», insiste-t-il. «L’État de Vaud n’a donc ni changé de stratégie ni pris de mesures contraires aux principes de cohérence dans l’ensemble des moyens de lutte contre le Covid».

Le DSAS annonce par ailleurs renforcer dès samedi son dispositif de traçage, avec du personnel de la Protection civile supplémentaire.

(ATS/NXP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!