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Elections fédéralesVaud sans illusions après une campagne sans grand relief

La répartition actuelle de la députation vaudoise est à l'équilibre entre la gauche et la droite. Et la situation ne devrait pas évoluer le 18 octobre.

Daniel Brélaz quitte la syndicature lausannoise pour à nouveau rejoindre Berne et reconquérir le troisième siège perdu en 2011.

Daniel Brélaz quitte la syndicature lausannoise pour à nouveau rejoindre Berne et reconquérir le troisième siège perdu en 2011.

Keystone

Malgré les attentes et des sujets brûlants comme l'immigration, les coûts de la santé ou les relations avec Bruxelles, la campagne pour les élections fédérales se languit dans le canton de Vaud.

Affaiblissement ou non du centre, impact des querelles intestines de l'UDC, renforcement du PLR ou parité gauche-droite au national, le jeu est ouvert même si d'aucuns tablent sur le statu quo.

Avec dix élus de droite au Conseil national contre huit de gauche, la répartition de la députation vaudoise est presque à l'équilibre. On atteint la parité si on englobe les deux conseillers aux Etats rose-vert. Pour la gauche, un siège de plus au National serait une nette victoire, mais la barre semble placée un peu haut.

Verts malmenés

Pour y parvenir, les socialistes devraient gagner un septième siège, ce qui paraît difficile au vu de leur performance de 2011 avec deux élus supplémentaires. Certes leurs candidats ont multiplié les apparitions dans le canton, sur les marchés, dans les médias, mais il faut compter aussi avec le partenaire vert qui affronte des vents contraires.

Les questions écologiques n'ont pas disparu de l'agenda, mais tout le monde ou presque a rajouté du vert sur sa bannière et les débats sur le tournant énergétique se compliquent à souhait, dans un canton où ne tourne toujours aucune éolienne. L'espoir pourrait venir d'un candidat très connu.

Pas d'apparentement PLR-UDC

Quittant la syndicature lausannoise, Daniel Brélaz veut à nouveau rejoindre Berne et pourrait reconquérir le troisième siège perdu en 2011. Quant aux chances de la liste POP-Solidarités, elles paraissent très minces même si Jean-Michel Dolivo bataille sur tous les dossiers.

A droite, la question lancinante a été finalement tranchée après de longues discussions: pas d'apparentement entre l'UDC et le PLR. Requinqués par leurs récents succès, les libéraux radicaux ont rejeté tout lien lors des fédérales, en appelant dans le même temps à l'union pour les futurs scrutins communaux (2016) et cantonaux (2017). Leur but: un cinquième siège au National.

Divisions à droite

Fâchée, l'UDC a promis de ne pas oublier la rebuffade, mais rien ne dit qu'elle fera vraiment bande à part après les fédérales. Tout le monde se focalise déjà sur la bataille pour la majorité au gouvernement vaudois, passée à gauche en 2012 alors que le parlement demeurait bourgeois.

L'inconnue pour l'UDC réside dans les conséquences éventuelles de sa brouille interne de l'été. Le parti, qui veut regagner un cinquième siège, s'est déchiré en direct sur la place publique à cause d'un enregistrement clandestin dû à la présidente Fabienne Despot. A ses côtés sur les affiches pour les Etats, Michaël Buffat fait l'objet d'une plainte pénale déposée par une ancienne compagne.

Incertitudes au centre

Comme au niveau national, un des enjeux clés en terre vaudoise porte sur la vigueur ou l'affaiblissement du centre. Avec le PDC Jacques Neirynck (84 ans) placé sur la liste seniors, avec la Vert'libérale Isabelle Chevalley aux combats peu populaires sur les éoliennes, les électeurs pourraient se tourner vers la PBD Christine Bussat, égérie de la Marche blanche.

Malgré les milliers d'affiches, les heures de débats et les astuces diverses pour dynamiser les joutes électorales, les Chambres fédérales paraissent parfois bien lointaines. Les renoncements des deux popistes Marianne Huguenin (syndique de Renens) et Marc Vuilleumier (municipal lausannois) pour les communales de 2016 semblent davantage frapper certains esprits que l'échéance du 18 octobre.

Pour le Conseil des Etats, le scénario paraît plus facile à décoder. Les inébranlables vert Luc Recordon et socialiste Géraldine Savary donnent le sentiment d'avoir une réélection assurée. En dépit d'un clair soutien du monde économique vaudois, la tâche du municipal lausannois et conseiller national PLR Olivier Français reste à l'évidence très ardue.

(ats)

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