Santé: Vaud va limiter les équipements médicaux lourds
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SantéVaud va limiter les équipements médicaux lourds

La proposition du conseiller d'Etat vaudois en charge de la santé, Pierre-Yves Maillard, a reçu un large soutien des députés au Grand Conseil, mardi.

Le Grand Conseil a appuyé le projet de Pierre-Yves Maillard.

Le Grand Conseil a appuyé le projet de Pierre-Yves Maillard.

Keystone

Le Grand Conseil vaudois a largement soutenu mardi le projet de Pierre-Yves Maillard de réguler les équipements médicaux lourds. Cette offre est particulièrement élevée dans le canton de Vaud, où l'on observe une hausse des coûts de l'ambulatoire.

«Le sujet est important, mais la proposition est modeste», a expliqué le conseiller d'Etat devant le plénum. «C'est un instrument de plus, pas la panacée», a-t-il ajouté. L'idéal serait de réviser le système tarifaire Tarmed qui surestime les coûts de certaines prestations. «Mais cette révision est une chimère à court terme».

Pour faire passer son projet, le conseiller d'Etat a dû faire quelques concessions: ainsi les dispositions ne sont pas incluses dans une loi pérenne, mais dans un décret, valable cinq ans. Ensuite, un nouveau texte devra repasser devant le Grand Conseil.

Autre concession «forte», selon Pierre-Yves Maillard: «nous avons admis que les équipements déjà installés pourront être renouvelés sans contrôle de l'Etat», a-t-il expliqué. Une commission cantonale d'évaluation, réunissant tous les partenaires, sera chargée de préaviser la mise en service de tout nouvel équipement.

Une démarche qui a du sens

La démarche est «délicate, mais elle a du sens», a relevé Catherine Labouchère (PLR), présidente de la Fédération des hôpitaux vaudois (FHV). Les députés ont voté l'entrée en matière par 75 voix contre 36 (une partie des UDC et quelques PLR) et 12 abstentions. Ils ont terminé le premier débat. Le deuxième suivra dans une ou deux semaines.

Le décret permettra d'empêcher l'acquisition d'équipements qui ne correspondent pas à des besoins avérés. Les équipements figurent dans une liste précise, et comprennent notamment les IRM, les CT-scan (scanners à rayons x), l'angiographie digitalisée, les appareils de radiothérapie de plus d'un million de francs et les blocs opératoires de plus de deux millions.

Cliniques privées visées

Quelques voix critiques se sont élevées: le PLR Frédéric Borloz a dit douter que la mesure fasse baisser les primes maladie. «Ne nous leurrons pas, les cliniques privées sont visées. Etes-vous sûrs que le Conseil d'Etat est le meilleur juge pour décider quels équipements sont nécessaires?», a-t-il lancé.

Cette régulation conduira à un allongement des délais d'accès aux examens. «Le remède sera pire que le mal», selon Michaël Buffat (UDC). Il s'agit d'une «intrusion de l'Etat dans le domaine privé», a renchéri Alice Glauser (UDC). Cela annonce «un avenir de files d'attente et de prise en charge médiocre des patients», selon la PLR Véronique Hurni.

«Si quelqu'un peut prendre en photo une file d'attente quelconque devant un institut de radiologie quelconque, qu'il me l'envoie», a répliqué le médecin et député PLR Philippe Vuillemin. On a assez d'équipements, ce qui manque, c'est le personnel qualifié pour utiliser ces appareils hautement perfectionnés, a-t-il ajouté. Les députés ont terminé mardi le premier débat.

(ats)

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