Soins et aide: Vaud veut développer la médecine à domicile
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Soins et aideVaud veut développer la médecine à domicile

Le canton lance une réforme pour désengorger les hôpitaux.

«Du baby boom, on est passé au papy boom», relève le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard.

«Du baby boom, on est passé au papy boom», relève le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard.

Keystone

Plutôt pouvoir soigner et aider en tout temps à domicile qu'engorger les hôpitaux: le canton de Vaud lance une réforme qui devrait éviter les hospitalisations non nécessaires. Pour y parvenir, il créera quatre régions de santé, a expliqué Pierre-Yves Maillard.

«Tout le système est déjà aujourd'hui sous tension, on est dans la zone rouge», a déclaré lundi le chef du Département de la santé et de l'action sociale (DSAS). Il présentait devant la presse l'avant-projet de Loi sur les régions de santé (LRSa) qui est mis en consultation.

Papy boom

L'évolution démographique impose pour ainsi dire la réforme. «Du baby boom, on est passé au papy boom», relève le conseiller d'Etat. S'il y a aujourd'hui 58'000 personnes de plus de 75 ans, elles seront 100'000 en 2035. «C'est une bonne nouvelle», au sens d'une espérance de vie allongée.

Mais cela implique aussi une approche renouvelée des soins et des aides puisqu'il faudrait autrement mettre à disposition des centaines de lits d'hôpitaux et des milliers de lits d'EMS dans des délais irréalistes. Sans même parler des coûts, décrit Pierre-Yves Maillard.

La médecine à domicile

Face à «ce choc démographique», Vaud entend non seulement renforcer les aides à domicile, mais surtout apporter sur place des véritables soins 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Un tel dispositif permettra d'éviter des séjours hospitaliers inutiles et coûteux, voire parfois néfastes au patient lui-même.

On offrira davantage de choix à la personne, souligne Stéfanie Monod, directrice du Service de la santé publique. Il n'y aura pas de contrainte. Si quelqu'un veut à tout prix aller l'hôpital, il pourra s'y rendre. Mais s'il préfère rester chez lui et que le diagnostic ne s'y oppose pas, une prise en charge et un suivi seront organisés.

Dizaines de millions

Ces nouvelles prestations entraîneront un investissement de départ de l'ordre de 50 millions de francs sur trois ans (à partir de 2019 normalement). Dans un délai difficile à préciser, des économies devraient cependant être réalisées sur les montants octroyés aux hôpitaux confrontés en principe à une croissance plus faible de patients.

Avec la création des quatre régions de santé (Grand Lausanne, est, ouest et nord vaudois vraisemblablement), des rationalisations administratives sont également possibles, même si ce n'est pas le but visé par la réforme, note Pierre-Yves Maillard.

Sur le terrain

Ce qui sera impératif en revanche, c'est la collaboration, la mutualisation des compétences. Il faudra convaincre des médecins de faire partie de ces structures destinées à soigner sur le lieu de vie, ainsi que tous les autres professionnels de la santé. Aujourd'hui, beaucoup de gens travaillent «en silo», déplore Stéfanie Monod. Par le biais des réallocations de ressources, il sera possible de pousser aux changements de mentalités, juge la responsable.

Nouvelle architecture

En détaillant cette réforme, Pierre-Yves Maillard n'a pas caché «un petit soupçon d'émotion». Il doit en effet abroger deux lois qu'il avait proposées en arrivant à son poste. Mais il est nécessaire aujourd'hui de «refaire cette architecture législative, sans revenir sur les acquis», indépendamment du calendrier politique ou électoral.

(ats)

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