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Vieillissement populationVaud veut mieux coordonner les soins des patients âgés

Pierre-Yves Maillard, chef du Département de la santé et de l'action sociale, a mis en consultation jusqu'à fin août un nouveau cadre légal pour garantir une bonne continuité des soins.

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Le système de santé doit s'adapter au défi de taille que représente le vieillissement de la population. L'espérance de vie, d'environ 82 ans aujourd'hui, va atteindre les 90 ans d'ici 2040.

Le système de santé doit s'adapter au défi de taille que représente le vieillissement de la population. L'espérance de vie, d'environ 82 ans aujourd'hui, va atteindre les 90 ans d'ici 2040.

Keystone

Le canton de Vaud veut passer à la vitesse supérieure en matière de coordination des soins des patients chroniques, souvent âgés.

Environ 10% des malades engendrent 70% des coûts. L'Etat leur propose de se lier à un médecin et un pharmacien de référence en échange d'une réduction de leur quote-part, un projet inédit en Suisse.

Il est possible de faire «en même temps des économies et de la meilleure médecine», a expliqué jeudi 18 juin devant la presse le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard. Le chef du Département de la santé et de l'action sociale (DSAS) a mis en consultation jusqu'à fin août un nouveau cadre légal pour garantir une bonne continuité des soins.

Population vieillissante

Le système de santé doit s'adapter au défi de taille que représente le vieillissement de la population. L'espérance de vie, d'environ 82 ans aujourd'hui, va atteindre les 90 ans d'ici 2040. «Nos enfants seront centenaires, à moins d'un grave problème de santé», a prédit Stéfanie Monod, cheffe du Service de la santé publique.

En Suisse, le nombre des plus de 80 ans devrait exploser, passant de 362'700 personnes en 2008 à 941'700 en 2050. Cette augmentation s'accompagnera d'une hausse de la prévalence des maladies chroniques et des dépendances fonctionnelles, à savoir les handicaps qui empêchent une personne âgée d'accomplir les tâches du quotidien.

Le projet vaudois veut décloisonner les différents intervenants du système de santé, à savoir les médecins traitants, les hôpitaux, les EMS, les soins à domicile et les pharmaciens. L'enjeu est d'abord médical, car des risques d'erreurs existent à chaque transition entre des partenaires qui ont leur «propre logique», a dit Mme Monod.

Dossier électronique du patient

Un outil technique, le dossier électronique du patient, facilitera la collaboration: il sera proposé à la population cible, soit quelque 10% des Vaudois (environ 70'000 personnes) qui souffrent de pathologies chroniques ou multiples. Vaud va s'inspirer du modèle genevois et passer un contrat avec La Poste.

Reste à convaincre ces patients d'adhérer au projet. Pour les séduire, le canton propose un système proche du «managed care» (médecins de famille) des assureurs, des modèles qui manquent pour une bonne part leur cible en ce qui concerne les cas médicaux lourds, selon Pierre-Yves Maillard.

Payer une partie de la quote-part

Concrètement, le conseiller d'Etat propose d'agir sur la quote-part, soit les 10% des coûts que les assurés doivent payer eux-mêmes une fois la franchise dépassée. Le montant annuel maximal de cette quote-part atteint 700 francs pour les adultes. Le canton pourrait en payer 50 à 60%, voire un pourcentage variable en fonction des revenus de l'assuré: «on verra après la consultation, les deux logiques se valent», a dit Pierre-Yves Maillard.

Le conseiller d'Etat résume ainsi la philosophie du projet: «Si vous consentez à vous lier avec un médecin de référence et un pharmacien, si vous admettez qu'ils échangent des informations sur votre dossier médical, l'Etat paiera une partie de votre quote-part», a-t-il dit.

Pour cinq ans

Le canton veut expérimenter le modèle pendant cinq ans. Passé cette date, le projet devrait s'autofinancer. Les économies réalisées devraient financer les coûts de mise en place et d'organisation, ainsi que les réductions de quote-part, selon Pierre-Yves Maillard.

(ats)

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