Sévices sexuels en live streaming: Vaudois condamné: «Il a fait de ce bébé un objet déshumanisé»
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Sévices sexuels en live streamingVaudois condamné: «Il a fait de ce bébé un objet déshumanisé»

Dylan* écope de 9 ans de prison ferme pour avoir monnayé des actes d’ordre sexuel sur un nouveau-né et poussé sa maman à les commettre en ligne et en direct.

par
Evelyne Emeri
19 janvier 2021: le Vaudois de 27 ans, père d’un petit garçon de 2 ans et demi, sous bonne garde lors de son procès à Nyon (VD). La Cour criminelle de l’arrondissement de La Côte a rendu son verdict ce mercredi 20 janvier en fin de journée.

19 janvier 2021: le Vaudois de 27 ans, père d’un petit garçon de 2 ans et demi, sous bonne garde lors de son procès à Nyon (VD). La Cour criminelle de l’arrondissement de La Côte a rendu son verdict ce mercredi 20 janvier en fin de journée.

Le Matin/Evelyne Emeri

Le Tribunal criminel de Nyon (VD) a suivi le procureur Xavier Christe qui avait requis 9 ans de prison ferme. Ainsi, celui qui a incité une jeune Roumaine à perpétrer des abus sexuels sur son bébé dès son premier mois de vie et à le maltraiter sur une plateforme de live streaming est condamné à une lourde peine en rapport avec les qualifications retenues dès le départ par l’accusation: l’instigation (ou la tentative) à actes d’ordre sexuel avec des enfants, l’instigation (ou la tentative) à actes d’ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance ainsi que la pornographie (ndlr. images et vidéos retrouvées à son domicile).

Abusé à 1 mois

En tout, 25 cas ont été répertoriés entre septembre 2014 et juillet 2015 grâce à l’instruction vaudoise. Une enquête qui a démarré grâce à la justice roumaine, avant de transiter par Europol et FedPol (ndlr. police fédérale) avant d’atterrir enfin à la police de sûreté vaudoise. Complice du Vaudois, Mircea*, la jeune maman était poursuivie dans son pays, soupçonnée d’exploiter ses enfants. Elle a déjà été condamnée à 6 ans et demi de prison. Selon le décompte du parquet et du tribunal, elle se serait exécutée dans les deux tiers des cas. Ce qui charge encore davantage l’accusé dans son rôle d’instigateur.

Culpabilité écrasante

La Cour estime la culpabilité de Dylan écrasante. «Il admet ses penchants sadomasochistes, mais peine à s’en expliquer. Il nie ses penchants pédophiles. Son sadisme sexuel ne fait aucun doute, précise le président de céans, Daniel Stoll, lors de la lecture du jugement ce mercredi 20 janvier en fin de journée. «Sa responsabilité est pleine et entière. Son seul plaisir, c’est la domination. Il nie être pédophile. Le tribunal n’en croit rien. Il a agi avec un bébé. Qu’il nie un tel penchant montre le chemin qu’il reste à parcourir pour une réelle prise de conscience du mal qu’il a fait.»

«Un objet déshumanisé»

«Les actes sont atroces et extrêmes. Et en live stream… Dylan a cédé à ses pulsions. Il a fait de ce bébé un objet déshumanisé, poursuit le président Stoll. La Cour considère son mea culpa peu sincère. Il reconnaît au deuxième degré, comme un dérapage inexplicable. Les experts l’ont dit. Son absence de remise en question, son manque de sincérité révèlent un risque de récidive très élevé de commettre de nouvelles infractions à caractère sadique et pédophile. Compte tenu de la gravité des actes et de leur intensité, c’est une peine de 12 ans que nous aurions dû retenir.»

Un rabais de peine

Si Dylan obtient un rabais – 9 ans ferme au lieu de 12 ans – c’est parce que les juges ont tenu compte de son jeune âge au moment des abus (ndlr. 21 ans), de l’écoulement du temps, de son casier vierge et du fait qu’il s’est arrêté de lui-même. On rappellera que l’expertise psychiatrique n’a accordé aucune diminution de responsabilité pénale au prévenu. Elle mentionne également une forte inquiétude quant au risque de récidive et de répétition de ces actes sadiques.

Internement évité sur le fil

La Cour abonde dans ce sens. Et décide précisément d’assortir la peine privative de liberté d’un traitement thérapeutique institutionnel en milieu fermé, ainsi que le ministère public l’avait aussi préconisé. Ceci, afin de réévaluer Dylan régulièrement et de protéger la société au moment de sa sortie. Le président Daniel Stoll de concéder que «le tribunal était à la limite de prononcer un internement.»

Du côté de la défense, Me Patrick Sutter se donne quelques jours de réflexion. Il ignore à chaud s’il fera appel de cette condamnation ou pas.


*Prénoms d’emprunt

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