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BrexitVendredi, le Royaume-Uni dit «goodbye Europe»

Après avoir repoussé trois fois le Brexit, les Britanniques vont cette fois sortir de l'Union européenne le 31 janvier à minuit.

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À compter de 2021, les droits spécifiques à immigrer pour les citoyens de l'Espace économique européen et de la Suisse seront abolis. (18 mai 2020)

À compter de 2021, les droits spécifiques à immigrer pour les citoyens de l'Espace économique européen et de la Suisse seront abolis. (18 mai 2020)

AFP
L'équivalent de plus de 4 milliards de francs ont été dépensées par le Royaume-Uni entre juin 2016 et mars 2020 pour se préparer au Brexit. (Jeudi 5 mars 2020)

L'équivalent de plus de 4 milliards de francs ont été dépensées par le Royaume-Uni entre juin 2016 et mars 2020 pour se préparer au Brexit. (Jeudi 5 mars 2020)

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La délégation britannique est menée par David Frost, un des très rares hauts diplomates à croire dur comme fer au Brexit. (Lundi 2 mars 2020)

La délégation britannique est menée par David Frost, un des très rares hauts diplomates à croire dur comme fer au Brexit. (Lundi 2 mars 2020)

Keystone

Plus que quelques jours avant de larguer les amarres. Le Royaume-Uni aborde une semaine historique pour devenir vendredi le premier pays à quitter l'Union européenne, après trois ans et demi d'une séparation difficile.

Certains feront la fête, d'autres auront le coeur lourd, mais après avoir été repoussé trois fois, le Brexit qui a semé la division, des foyers britanniques aux bancs du Parlement, aura lieu vendredi 31 janvier 2020 à 23H00 (heure de Londres , minuit en Suisse).

Entre le Royaume-Uni et les 27, tout reste à faire. La séparation, sans grand changement concret, marquera surtout le coup d'envoi du marathon des négociations pour déterminer les modalités de leur relation.

Compte à rebours lumineux à Downing Street

Malgré les tentatives des eurosceptiques les plus fervents, le cloche de Big Ben, en travaux, restera muette. En revanche, une horloge lumineuse projetée sur Downing street marquera le compte à rebours avant le grand saut.

Une pièce de 50 pence (60 centimes d'euro) - dont le destin a subi les soubresauts des reports successifs de la date fatidique - entrera en circulation, d'abord à trois millions d'exemplaires, puis sept millions.

Fervent partisan du Brexit, le Premier ministre Boris Johnson, qui depuis sa victoire aux législatives se pose en rassembleur, fera une déclaration à la nation dans la soirée.

«Unifier le pays»

Que les gens aient été pour ou contre le Brexit, voté à 52% lors du référendum de 2016, «il est temps de laisser le passé derrière nous», d'«unifier le pays», a-t-il écrit dans un message diffusé par son parti. La tâche n'est pas mince, alors que les assemblées écossaise, galloise et nord-irlandaise ont rejeté sa loi sur le Brexit.

Arrivé fin juillet à la tête du gouvernement, Boris Johnson a réussi là où sa prédécesseure Theresa May avait échoué, quittant Downing street les larmes aux yeux après après trois échecs à faire voter son accord de Brexit.

Après avoir renégocié le texte avec Bruxelles, incluant une nouvelle solution pour éviter le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande, l'ancien maire de Londres est finalement parvenu à faire adopter par le Parlement la loi qui mettra en oeuvre le Brexit. Et ce grâce à la très large majorité, inédite pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher, qu'il s'est assurée lors de son écrasante victoire aux élections de décembre.

Aller-retour et signatures

Le texte, qui fait entrer dans la loi britannique l'accord de 535 pages conclu en octobre, a été promulgué par la reine Elizabeth II le 23 janvier, huit jours avant la date fatidique.

Reste une dernière formalité avant la fin de 47 ans d'un mariage tumultueux: la ratification mercredi par le Parlement européen du traité de Brexit, qui a fait l'aller-retour Bruxelles-Londres vendredi pour être signé par les deux parties. Les diplomates des Etats-membres de l'UE l'approuveront le lendemain par écrit, toute dernière étape officialisant la procédure du Brexit.

Mais la date du 31 janvier est surtout symbolique. Car peu de choses changeront concrètement dans l'immédiat. L'accord de divorce prévoit une période de transition pour une sortie en douceur, jusqu'au 31 décembre. Pendant cette période, le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles de l'UE, mais n'aura plus voix au chapitre.

Nouvel ambassadeur

Signe néanmoins de la nouvelle ère qui s'ouvre, l'UE a nommé un ambassadeur auprès du Royaume-Uni: il s'agit du Portugais Joao Vale de Almeida, ancien ambassadeur des 27 aux Etats-Unis. Il prendra ses fonctions le 1er février.

La période de transition est surtout destinée à permettre à Londres et Bruxelles de s'entendre sur leurs relations future, notamment en matière commerciale, négociations que Boris Johnson veut boucler en un temps record, en excluant toute prolongation au-delà de la fin de l'année. Les Européens jugent le calendrier très serré, et estiment qu'il faudra établir des priorités.

Boris Johnson a clairement annoncé qu'il voulait avec l'UE un accord semblable à celui qui existe avec le Canada, sans alignement avec les règles communautaires.

Nouveaux traités

Parallèlement, le Royaume-Uni veut négocier ses propres traités de libre-échange avec d'autres pays, en particulier avec les Etats-Unis de Donald Trump, qui fait miroiter un accord commercial «magnifique» à Londres.

Les discussions s'annoncent néanmoins ardues, notamment car le Royaume-Uni a décidé de maintenir sa taxe sur le numérique qu'il entend mettre en place en avril, malgré les menaces de représailles américaines.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo doit arriver à Londres le 29 janvier pour rencontrer Boris Johnson et «réaffirmer la relation spéciale» entre les deux alliés et «discuter de la manière d'élargir et approfondir les liens commerciaux» après le Brexit.

Brexit: les prochaines étapes du grand départ

La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 janvier ne marque pas pour autant la fin du long et tortueux processus du Brexit. Voici les dates clés des étapes à venir.

29 janvier: le Parlement européen

Pour entrer en vigueur, le Brexit doit aussi être ratifié par les députés européens. Ils attendaient de voir ce que Londres allait décider, échaudés par trois ans et demi d'atermoiements, mais devraient approuver l'accord deux jours avant la date fatidique. 31 janvier: Brexit

Le Royaume-Uni doit quitter l'UE le 31 janvier, une date déjà reportée trois fois depuis le référendum de juin 2016. Le pays entrera dans une phase de transition dans laquelle ses relations resteront inchangées avec les 27 jusqu'au 31 décembre 2020. Par contre, il ne pourra ni siéger dans les institutions européennes ni avoir son mot à dire sur leurs décisions.

Février/mars: début des négociations commerciales

Londres se dit prêt à lancer ses négociations commerciales dès le 1er février mais les membres de l'UE discutent toujours pour déterminer leurs objectifs pour ces négociations.

1er juillet: date butoir pour prolonger la période de transition

Le Royaume-Uni peut prolonger la période de transition au-delà de fin 2020 pour un ou deux ans, mais doit informer l'UE de sa demande avant le 1er juillet.

31 décembre: fin de la période de transition

C'est en l'état la fin des liens entre l'Union européenne et le Royaume-Uni tels qu'ils auront existé pendant 47 ans.

(AFP)

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