Amérique latine - Venezuela: 8 soldats prisonniers à la frontière colombienne
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Amérique latineVenezuela: 8 soldats prisonniers à la frontière colombienne

Un groupe dissident des Farc dit avoir «capturé comme prisonniers de guerre» huit soldats vénézuéliens.

Image d’illustration.

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AFP

Huit soldats vénézuéliens ont été «faits prisonniers» par un groupe armé d’irréguliers colombiens dans le sud-ouest du Venezuela, près de la Colombie, une zone où se déroulent des combats avec l’armée depuis le 21 mars, selon une ONG qui a diffusé un communiqué qu’elle présente comme émanant du groupe.

La Croix Rouge dit avoir pris connaissance du texte. Dans ce communiqué, rendu public par l’ONG de défense des droits de l’homme Fundaredes, très critique du pouvoir, un groupe dissident des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) dit avoir «capturé comme prisonniers de guerre» huit soldats dont il donne l’identité. Il en appelle «aux bons offices de la Croix-Rouge» à qui il dit vouloir les remettre.

«Nous confirmons que nous avons pris connaissance de ce communiqué mais nous ne ferons aucune déclaration, notre travail humanitaire étant régi par des principes de neutralité et de confidentialité», a affirmé un membre de la Croix-Rouge à l’AFP.

Sollicitées par l’AFP, les autorités vénézuéliennes n’ont pas réagi. «Qui au sein du régime et du commandement va répondre pour ces 8 militaires déclarés prisonniers de guerre par les groupes que soutient et protège (le président Nicolas) Maduro», a écrit sur twitter le leader de l’opposition Juan Guaido, qui accuse régulièrement le pouvoir d’avoir soutenu ou de soutenir ces groupes.

Combats

Depuis fin mars, les combats dans cette région de grande insécurité et à la frontière poreuse ont fait 16 morts du côté de l’armée selon le bilan officiel du ministère de la Défense vénézuélien qui a fait état de «pertes» infligées à l’ennemi et de plus d’une trentaine de prisonniers. Des milliers de civils ont fui le secteur.

Caracas, qui renforce régulièrement ses troupes dans la zone, dit avoir lancé en mars des opérations pour libérer son territoire de toute incursion de groupe armé colombien. Le Venezuela accuse ces groupes d’avoir posé des mines antipersonnel et d’être en cheville avec le narcotrafic. Il accuse aussi le président colombien Iván Duque d’être impliqué.

De source sécuritaire en Colombie, ces éléments sont des dissidents de l’ex-guérilla des Farc. Bien que la plupart des 13’000 membres de l’ex-guérilla marxiste aient déposé les armes, des factions «dissidentes» n’ont pas accepté le processus de paix signé en 2016 en Colombie.

Ces groupes sans commandement unifié, financés par le trafic de drogue et les mines clandestines, se sont renforcés dans des zones isolées, selon le renseignement militaire colombien. Le président Nicolás Maduro a reconnu la possibilité que ces groupes soient des dissidents des Farc. Habituellement, les autorités vénézuéliennes évitent d’évoquer des dissidents des Farc.

Malgré 2200 kilomètres de frontière commune, le Venezuela et la Colombie n’ont plus de relations diplomatiques depuis que Bogotá a reconnu l’opposant Juan Guaido comme président intérimaire du Venezuela en 2019. Les relations entre les deux voisins opposés idéologiquement sont très tendues.

(AFP)

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