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Cinéma«Venom» est bien l'un des pires films de superhéros

La version maléfique de Spider-Man atterrit le 10 octobre dans les cinémas romands. Critique.

par
Laurent Flückiger

La bande-annonce de «Venom».

Venom? On l'a vu au cinéma en 2007 dans le dernier volet de la trilogie «Spider-Man» de Sam Raimi. C'est la version maléfique de l'homme-araignée et désormais son pendant catastrophique, préparé par Sony qui ne voulait pas se priver d'exploiter les droits qu'il possède sur le personnage Marvel et largement descendu en flèche par la critique américaine. Nous avons assisté ce vendredi matin à la vision de presse et nous confirmons: «Venom» est bien l'un des pires films de superhéros. Désolé Tom Hardy.

«Venom» débute par le crash d'un vaisseau spatial sur Terre après une mission. S'en échappe un symbiote (un extra-terrestre ayant besoin d'investir un corps humain pour survivre), les autres sont récupérés par la Life Foundation du puissant docteur Carlton Drake (Riz Ahmed). Un homme que le journaliste Eddie Brock (Tom Hardy) tente de faire tomber. Après l'avoir accusé en interview de tuer des cobayes humains lors d'expériences secrètes, Eddie perd son job et sa fiancée, Anne Weying (Michelle Williams). Il devient un «loser».

Vive les mariés!

Trente-cinq minutes de film se sont déjà passées quand Eddie Brock devient l'hôte d'un symbiote nommé Venom. Il est entré dans un laboratoire, a ouvert une porte qu'il ne fallait pas, et paf! la chose est en lui. Et dire que ce type est un journaliste d'investigation! La bonne nouvelle, c'est qu'il va enfin se passer quelque chose.

Eddie a très faim, a très chaud et devient en quelque sorte bipolaire, Venom lui parle à l'intérieur de sa tête avec une grosse voix aussi caricaturale que celle de Christian Bale dans «The Dark Night». Venom contrôle son corps, lui permet de mettre au tapis les hommes de main du Dr Drake et sa moto échappe à des drones dans une séquence qui est à l'action ce qu'«Alad'2» est à l'humour subtil. Il est temps pour les nouveaux mariés de faire connaissance. «Qui es-tu?» «Je suis Venom et tu m'appartiens.» L'académie des Oscars ne peut pas ne pas récompenser cette réplique.

Dire que trois cerveaux se cachent derrière les dialogues (Jeff Pinkner, Scott Rosenberg et Kelly Marcel). Le réalisateur, Ruben Fleischer («Bienvenue à Zombieland») ne s'est pas foulé non plus. Mais il a au moins l'excuse d'être seul.

La faute à la classification PG-13?

Le ridicule ne tue pas? Faux! Il s'appelle Venom et croque des têtes entre deux dialogues avec son hôte Eddie sur son ex, Annie, et sur qui est méchant et qui est gentil. Le film est bâclé et ridicule, enfantin même. Après avoir annoncé un «Venom» sombre et interdit aux moins de 17 ans, la production a fait machine arrière pour que les petits Américains de moins de 13 ans puissent le voir. C'est sans doute-là une partie du problème. Alors, on veut bien croire Tom Hardy quand il dit que trente à quarante minutes de «scènes de marionnettes folles, des scènes de comédie noire» ont été coupéeset que celles-ci étaient ses préférées. «Venom» aurait peut-être été totalement différent.

Car pour voir un humain apprivoiser un extra-terrestre destructeur aux grandes dents dans un film destiné aux enfants, il y a «Lilo & Stitch». Et c'est bien plus efficace.

Un triomphe malgré l'accueil critique

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