Kurdistan d’Irak - Verdict sévère confirmé contre journalistes et militants
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Kurdistan d’IrakVerdict sévère confirmé contre journalistes et militants

La Cour a confirmé en appel la condamnation à six ans de prison pour cinq journalistes et militants. Les défenseurs des droits humains sont inquiets.

Erbil est la capitale du Kurdistan irakien. 

Erbil est la capitale du Kurdistan irakien.

AFP

La Cour de cassation du Kurdistan irakien a confirmé mardi la condamnation à six ans de prison de cinq journalistes et militants, aggravant l’inquiétude des défenseurs des droits humains qui dénoncent procès «iniques» et tour de vis des autorités dans cette région autonome.

Aso Hashem, avocat des cinq hommes, a déclaré à l’AFP que «trois des cinq juges de la Cour de cassation ont confirmé le jugement» prononcé le 16 février par un tribunal d’Erbil, capitale de la région tenue par le Parti démocratique du Kurdistan, du clan du Premier ministre kurde Masrour Barzani.

L’ancien magistrat et député Latif Moustafa, qui a quitté le système judiciaire kurde en dénonçant sa politisation, a également confirmé à l’AFP le maintien du verdict en cassation «avec deux voix contre et trois pour».

Les journalistes Ayaz Karam, Kohidar Zebari et Sherwan Sherwani, ainsi que les militants Shivan Saïd et Harwian Issa répondaient de multiples chefs d’accusations.

Outre «l’incitation à manifester et à déstabiliser la région» – les cinq hommes ont couvert ou participé aux manifestations contre les retards des versements des salaires des fonctionnaires à la rentrée 2020 – ils répondaient également «d’espionnage» et de lutte «armée» ainsi que de «mauvais usage d'appareils électroniques».

Liberté d’expression en jeu

Autant d’accusations basées, selon Human Rights Watch (HRW), sur des publications sur les réseaux sociaux et des «informateurs secrets» que la défense n’a jamais pu interroger.

«Ces hommes ont été condamnés du fait d’une volonté politique partiale», accuse auprès de l’AFP Belkis Wille, chargée de l’Irak chez HRW. M. Sherwani, par exemple, est connu pour ses enquêtes sur la corruption et venait de critiquer sur Facebook le Premier ministre kurde avant son arrestation.

La décision de la Cour de cassation «montre à quel point les autorités kurdes ont permis que soit sapée la libre expression», a affirmé Mme Wille.

Lundi, journée mondiale de la liberté de la presse, Karoukh Othmane, également journaliste, était arrêté dans la province kurde de Souleimaniyeh, tenue elle par un autre clan familial, celui des Talabani.

Il y a peu, Karzan Fadhel, avocat et patron du Democracy and Human Rights development Center (DHRD) basé à Souleimaniyeh, affirmait à l’AFP recenser «74 détenus politiques à Erbil et Dohouk», tous «des opposants ou des manifestants interpellés à l’aveuglette».

(AFP)

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