Brésil: Vers un gel des dépenses pendant 20 ans
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BrésilVers un gel des dépenses pendant 20 ans

Les députés ont voté un amendement proposé par le président Temer.

Le président brésilien Michel Temer, le 5 octobre 2016 à Brasilia.

Le président brésilien Michel Temer, le 5 octobre 2016 à Brasilia.

Keystone

Les députés brésiliens ont adopté lundi en première lecture un projet polémique de gel des dépenses publiques pendant 20 ans, mesure phare du programme de redressement économique du nouveau président de centre droit Michel Temer.

Le projet d'amendement à la Constitution (PEC) présenté en ce sens par le gouvernement Temer a été approuvé par une écrasante majorité de 366 députés sur 480 députés présents, nettement supérieure aux 3/5 requis (308 votes).

Cent onze députés ont voté contre et deux se sont abstenus.

Le texte devra encore effectuer des navettes entre le Congrès des députés et le Sénat pour être adopté définitivement d'ici la fin de l'année.

Victoire pour Temer

Fortement critiqué par l'opposition de gauche, il vise à imposer pendant 20 ans un plafond aux dépenses publiques de l'Etat fédéral brésilien, qui ne pourront pas croître globalement au-delà de l'inflation annuelle, y compris pour l'éducation et la santé publiques.

L'amplitude de ce vote en première lecture constitue une importante victoire pour Michel Temer qui a assumé la présidence du Brésil après la destitution controversée de la présidente de gauche Dilma Rousseff le 1er septembre par le Sénat pour maquillages des comptes publics.

Presque aussi impopulaire que Dilma Rousseff, mais conforté par la déroute du Parti des travailleurs (PT, gauche) de l'ex-présidente au 1er tour des élections municipales du 2 octobre, Michel Temer a fait de cette mesure la «priorité» de son gouvernement pour rééquilibrer les comptes publics du Brésil, confronté à sa pire récession économique en un siècle.

Chute du PIB

«L'approbation de la PEC est fondamentale pour éviter la spirale inflationniste et la récession. La dette pourra atteindre 100% du PIB en 2024 ou même avant» et ce serait «la faillite de l'Etat brésilien», avait-il mis en garde fin septembre.

Selon le ministère de l'Économie, de 1991 à 2015, les dépenses primaires de l'Etat (avant le paiement des intérêts de la dette) sont passées de 10,8% à 19,5% du PIB.

Le PIB brésilien s'est contracté de 3,8% en 2015 et devrait encore chuter de 3% en 2016, tandis que la dette publique est passée de 52% du PIB en 2013 à plus de 70% en août.

(AFP)

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