Covid-19: vers une couverture sociale pour les indépendants

Publié

Crise du Covid-19Vers une couverture sociale pour les indépendants

Après la crise du Covid-19, le Conseil national a soutenu une proposition de Benjamin Roduit (C/VS) pour étudier la possibilité d’une couverture sociale pour les indépendants. Contre l’avis d’Alain Berset.

par
Eric Felley

Benjamin Roduit, conseiller national (C/VS)


Benjamin Roduit, conseiller national (C/VS)

DR/@o.maire


«La crise du Covid a mis en lumière des lacunes graves dans la couverture sociale des indépendants. Jusqu’ici on ne s’en était pas trop inquiété, dans la mesure où l’on estimait que les indépendants devaient à juste titre assumer leur indépendance. Et voilà qu’au cœur de la crise, tout le monde s’y est intéressé, mais en ordre dispersé». Dans un postulat déposé au Conseil national, Benjamin Roduit (C/VS) estime qu’il faut tirer les leçons de ce qui s’est passé en 2020 et 2021 pour de nombreux indépendants qui se sont retrouvés sans ressources à cause des fermetures.

En cas de crise seulement

Il a réussi à faire passer mardi un postulat au Conseil national concernant la réflexion à mener: «Il n’existe à ce jour pas de couverture sociale des indépendants suffisante en cas de crise. Et j’insiste bien: en cas de crise. Cela signifie que nous devons nous doter d’instruments permettant d’activer rapidement des solutions en cas de besoin. Pour cela, il faut une vision systémique et une analyse globale de la couverture sociale des indépendants».

Difficultés des contrôles

Au nom du Conseil fédéral, Alain Berset s’y opposait. Il a rappelé que le Parlement a déjà eu des discussions infructueuses sur le thème d’une assurance chômage pour les indépendants: «Nous sommes arrivés à la conclusion, a-t-il dit, qu’une assurance chômage pour les indépendants, comme une indemnité en cas de réduction de l’horaire de travail pour les personnes ayant une position assimilable à celle d’un employeur, ou pour les conjoints travaillant dans l’entreprise, ne se justifient pas et seraient extrêmement difficiles à mettre en œuvre».

Il a soulevé le problème à effectuer des contrôles: «Il y a de grands doutes à ce sujet, notamment parce que les indépendants gèrent eux-mêmes leur taux d’occupation, leur carnet de commandes. Dans ces conditions, le risque d’abus – on peut le dire ainsi – nous paraît relativement élevé».

Mais au vote, une majorité du Conseil national a soutenu le postulat contre l’UDC et le PLR qui n’en voulait point.

Ton opinion

34 commentaires