19.11.2020 à 10:41

EconomieVers une vague de licenciements pour les cadres en 2021

Selon une étude de l’Association suisse de l’outplacement, de nombreux spécialistes et cadres devraient perdre leur emploi cet hiver. Les sociétés n’hésitent plus à se séparer de leurs collaborateurs.

Lors de la première vague de la crise, les entreprises ont pu freiner les licenciements, en partie en recourant au chômage partiel. Mais ce n’est plus le cas (photo prétexte).

Lors de la première vague de la crise, les entreprises ont pu freiner les licenciements, en partie en recourant au chômage partiel. Mais ce n’est plus le cas (photo prétexte).

KEYSTONE

L’Association suisse de l’outplacement (ACF) s’attend à une deuxième vague de licenciements en hiver, en particulier pour les spécialistes et les cadres. Pour retrouver un emploi dans les conditions actuelles de la pandémie de coronavirus, le réseau personnel est devenu essentiel.

L’organisation exige de Berne un élargissement et une amélioration des services de conseil proposés par les Offices régionaux de placement (ORP) pour les travailleurs à partir de 50 ans, selon un communiqué paru jeudi.

Lors de la première vague de la crise pandémique en mars-avril, les entreprises ont pu freiner les licenciements, en partie en recourant au chômage partiel. Mais depuis septembre, les experts de l’aide au reclassement proposée par une entreprise à un salarié qu’elle licencie («outplacement») observent une forte augmentation des personnes perdant leur emploi. Les sociétés n’hésitent plus à se séparer de leurs collaborateurs, déplore l’ACF.

Deux hypothèses

Les hypothèses sont doubles: au printemps certaines entreprises ont pu geler leurs plans de restructuration, mais aujourd’hui ce n’est plus le cas. D’autres ont sans doute avancé des réorganisations prévues.

Il en résulte une hausse nette de demandes en conseils de professionnels, entre autres de l’«outplacement», d’autant plus que la numérisation ne fait qu'accélérer ce processus de réduction des effectifs ou de leur remplacement par de nouveaux profils de postes de travail.

Si les secteurs du voyage, de l’événementiel et de la restauration sont frappés de plein fouet par ce phénomène, ce sont aussi ceux qui sont le moins en mesure d’offrir un accompagnement professionnel à leurs employés en cas de séparation, note l’ACF. Or, aucune amélioration n’est en vue pour 2021, bien au contraire, selon l’ACF.

Les secteurs et les entreprises qui ne se sont pas encore beaucoup restructurés ou qui ont une marge de manoeuvre possible, comme les banques, le commerce de détail et les services administratifs, mais aussi l’industrie chimique et l’ingénierie, sont elles aussi susceptibles d’être touchées, constate l’ACP.

(ATS)

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