Formule 1 - Verstappen déjà le plus rapide
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Formule 1Verstappen déjà le plus rapide

Un mois de pause n’a rien changé: entre Lewis Hamilton et Max Verstappen, le duel continue. Après les premiers essais du GP de Belgique, les deux rivaux ne sont séparés que par quelques centièmes.

par
Luc Domenjoz

Plus ou moins d’ailerons

Le circuit de Spa se pose comme l’un des plus faciles pour dépasser. Signer le meilleur chrono des qualifications n’est donc pas le plus important. Et c’est tant mieux pour Valtteri Bottas, qui recevra une pénalité de cinq places sur la grille de départ pour avoir causé le carambolage du premier tour du Grand Prix de Hongrie.

Chez Red Bull, Max Verstappen a bouclé la première journée d’essais avec le meilleur chrono. Mais de justesse: après un tour de plus de 7 kilomètres (Spa est le plus long circuit de la saison), le Batave a décroché le meilleur chrono juste avant une sortie de route au cours de laquelle il a détruit son train arrière. «Je ne sais pas très bien ce qui s’est passé», expliquait-il de retour à son stand. J’ai juste perdu l’arrière. Mais pour le reste, ce fut une excellente journée, je suis très satisfait de la voiture. Je n’ai même pas essayé d’autres ailerons, tout va bien avec ce que j’ai…»

D’habitude, Spa compte parmi les circuits plus difficiles pour Red Bull, mais ce millésime 2021 pourrait marquer une exception à cette règle. D’autant que chez Mercedes, on a tenté plusieurs changements d’ailerons sans succès. «Avec un certain aileron, on est rapides dans les secteurs 1 et 3 (ndlr: les lignes droites), et on perd dans le secteur 2 (très sinueux). Et quand on change d’aileron, c’est exactement l’inverse. Il ne va pas être facile de trouver un compromis», analysait Lewis Hamilton vendredi.

A la fin de la journée, juste avant sa sortie de piste, Max Verstappen s’est montré le plus rapide, mais avec 4 centièmes de seconde d’avance sur Valtteri Bottas seulement, et 7 centièmes sur Lewis Hamilton. Ces trois pilotes évoluent dans un mouchoir, alors que le quatrième classé, Fernando Alonso, pointe déjà à une demi-seconde. Ce week-end s’annonce serré entre les deux rivaux du championnat.

Les accidents compris dans le prix

Après les accidents monumentaux qui se sont produits cette saison, plusieurs pilotes ont vu leurs monoplaces endommagées suite à des collisions dont ils ne sont pas responsables: Max Verstappen à Silverstone, ou Sergio Perez et Charles Leclerc en Hongrie.

Dans le paddock, plusieurs personnes, dont le patron de Ferrari, Mattia Binotto, ont suggéré de mettre en place un concept inspiré du «qui casse paie», ce qui est d’autant plus important cette saison avec le plafonnement des budgets. Chez Red Bull, on a ainsi mentionné l’accident entre Max Verstappen et Lewis Hamilton à Silverstone, qui a détruit la monoplace du Néerlandais.

«Ce serait trop difficile de déterminer qui est responsable d’un accident. A chaque fois, les pilotes se rejettent les fautes les uns sur les autres. Les départager prendrait des semaines.»

Laurent Rossi, patron de l’écurie Alpine

Cette sortie de route a coûté plus de 2 millions de francs suisses, un prix revu à la hausse récemment depuis que le motoriste Honda affirme que le moteur de cette voiture n’a finalement pas pu être récupéré. Avec un budget plafonné à 145 millions d’Euros, une somme de deux millions compte énormément. D’où l’idée émise par Mattia Binotto pour ne pas pénaliser les écuries victimes d’accidents causés par d’autres.

Une suggestion qui n’est pas appréciée de tous: «Ce serait trop difficile de déterminer qui est responsable d’un accident, avance Laurent Rossi, le patron de l’écurie Alpine. A chaque fois, les pilotes se rejettent les fautes les
uns sur les autres. Les départager prendrait des semaines. Je pense aussi que les accidents, ainsi que les pièces détachées et autres remplacements pour raisons de fiabilité, doivent être pris en compte dans les budgets des
écuries. Ce serait une erreur de ne pas prévoir une certaine marge pour ces événements.»

George ou Valtteri? Lewis a son avis.

Chez Mercedes, seul Lewis Hamilton a déjà signé un contrat pour la saison 2022. Le baquet de la deuxième voiture va se jouer entre Valtteri Bottas, son actuel détenteur, et George Russell, le jeune protégé de Mercedes qui évolue
actuellement chez Williams.

Depuis plusieurs semaines, tous deux répètent qu’ils souhaitent qu’une décision soit prise avant le Grand Prix de Belgique, au retour des vacances. Mais Toto Wolff, le patron de Mercedes, a suivi sa tactique habituelle: se
moquer de ces demandes et décider… de ne rien décider.

Dans le paddock de Spa, tant Valtteri Bottas que George Russell en semblent gênés. Mais celui qui devrait l’être se nomme plutôt Toto Wolff: Valtteri Bottas pilote chez Mercedes depuis 2017. Il dispute sa cinquième saison avec
l’écurie allemande. Cette dernière sait donc exactement de quoi son pilote finlandais est capable, et ce dont il n’est pas capable - c’est-à-dire aller régulièrement plus vite que Lewis Hamilton et marquer autant de points que
lui.

Alors, pourquoi attendre? Toto Wolff peut difficilement prétendre qu’il souhaite observer le comportement de Valtteri Bottas deux ou trois courses de plus. Le responsable de cette attente se nomme en fait Lewis Hamilton: pendant les vacances, le Britannique n’a cessé de mettre la pression sur Toto Wolff, tout en vantant publiquement les louanges de Valtteri Bottas, décrivant leur relation comme «meilleure que jamais».

A l’évidence, le septuple champion du monde n’a aucune envie de voir un jeune loup à ses côtés dans la même voiture. A la perspective de voir George Russell arriver, le Britannique préfère nettement la force tranquille d’un Valtteri Bottas, qui a l’avantage de son inconvénient: le Finlandais n’est pas plus rapide que lui et le laisse gagner les championnats sans lui faire d’ombre…

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