Hockey sur glace: Vestiaires ouverts aussi aux femmes journalistes?

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Hockey sur glaceVestiaires ouverts aussi aux femmes journalistes?

L'initiative de certains clubs interroge sur la conduite à adopter par les hockeyeurs au moment de recevoir les médias.

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Les hockeyeurs devront veiller à ne pas se déshabiller complètement quand les journalistes entreront dans leur vestiaire.

Les hockeyeurs devront veiller à ne pas se déshabiller complètement quand les journalistes entreront dans leur vestiaire.

Keystone

Quatre clubs suisses (Davos, Lugano, Zoug et Lausanne) ont donc choisi d'ouvrir la porte de leurs vestiaires aux journalistes après les matches. La question subsidiaire est: les femmes journalistes auront-elles aussi le droit de pénétrer dans cet antre en général exclusivement masculin?

Certains journalistes neuchâtelois se rappellent encore avec quelle fermeté Gilbert Gress avait interdit l'accès au vestiaire de Xamax à une journaliste du «Blick», à la fin des années 1980. «Vous n'avez rien à faire ici, c'est réservé aux hommes», avait-il tonné, insensible aux protestations de la journaliste, qui se plaignait - à raison - de ne pas avoir accès aux mêmes informations que ses confrères masculins.

Mais on n'en arrivera pas là cette saison dans les patinoires, ainsi que le soulignent Jan Alston (directeur sportif du Lausanne HC) et Jean-Jacques Aeschlimann (Chief operating officer du HC Lugano). «Évidemment que les femmes seront acceptées, explique Alston. Si on décide d'ouvrir les portes aux journalistes, c'est sans distinction de sexe aucune.»

«Il n'y aucune raison d'interdire l'accès aux femmes, abonde Aeschlimann. De toute manière, les gars ne vont pas se déshabiller complètement pendant ces dix minutes. La présence de journalistes femmes ne posera donc aucun problème.»

Un précédent à Fribourg

Journaliste à «La Liberté», Patricia Morand couvre l'actualité de FR Gottéron depuis septembre 1988. Elle assure qu'elle a toujours pu exercer son métier comme elle l'entendait.

«Tout le monde parle d'une nouveauté en évoquant cette ouverture des vestiaires, mais ce n'est pas vrai, commence-t-elle par dire. Il y a quelques années, la porte du vestiaire de Gottéron était ouverte aux journalistes. J'étais la seule femme dans le milieu à l'époque, mais cela ne me posait aucun problème. Les joueurs me connaissaient et savaient que je serais là. Ils enlevaient donc l'essentiel de leur équipement, mais ils restaient en cuissettes et en maillot de corps.»

Patricia Morand n'a pas été trop dépaysée au moment d'entrer dans un vestiaire. «J'ai joué au hockey avant d'être journaliste, je connaissais donc cette ambiance.»

Elle sait donc à quoi s'attendre lorsqu'elle ira suivre Gottéron chez l'un des quatre clubs qui ouvrent leur porte. «Il n'y aura aucun souci, assure-t-elle. D'abord, ça ne dure que dix minutes. Ensuite, les joueurs ne vont pas se mettre tout de suite tout nus, en sachant que des journalistes sont sur le point de débarquer. Et cela, qu'ils soient hommes ou femmes.»

La première nord-américaine de 1975

Outre-Atlantique, c'est en janvier 1975 que des femmes reporters ont été autorisées pour la première fois à pénétrer dans les vestiaires d'équipes masculines de hockey sur glace. A la suite de la décision d'un juge fédéral, qui a ainsi fait tomber la barrière des sexes, deux journalistes féminines ont été autorisées à aller interviewer des joueurs dans leur «locker room».

Robin Herman, première femme à avoir intégré la rédaction sportive du «New York Times», et sa consœur Marcel St. Cyr, une reporter radio basée à Montréal, ont pu entrer dans les vestiaires après le All-Star Game de NHL qui se disputait au Forum de Montréal. Cette première allait rapidement se généraliser à travers tout le continent nord-américain, en NBA aussi.

En janvier 1975, Robin Herman (au centre) était devenue l'une des deux premières femmes journalistes autorisées dans un vestiaire de NHL. Image: DR.

En janvier 1975, Robin Herman (au centre) était devenue l'une des deux premières femmes journalistes autorisées dans un vestiaire de NHL. Image: DR.

Renaud Tschoumy

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