Héliski: Vevey pas d'accord pour les rotors
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HéliskiVevey pas d'accord pour les rotors

La base d’Air-Glaciers à Leysin (VD) n’a pas dûment informé la ville de la Riviera de son nouveau concept de vols taxi depuis l’un de ses terrains de plaine. Elle pose les pales.

par
Evelyne Emeri
Claude-Aimé Chevalley (à g.), président de l’Association du club veveysan de tennis, et Philippe Serex, directeur du Centre sportif de La Veyre, posent ici sur le terrain de la polémique.

Claude-Aimé Chevalley (à g.), président de l’Association du club veveysan de tennis, et Philippe Serex, directeur du Centre sportif de La Veyre, posent ici sur le terrain de la polémique.

Jean-Guy Python

«On a voulu être sympa et rendre service. On n’a aucune idée des lois. On ne s’est pas non plus posé de questions. Ça n’est pas notre domaine. Quand ils (Air-Glaciers, ndlr) sont venus nous voir, on a donné notre OK oral. Pour nous, tout était en ordre avec les autorités. On a été bon prince.»

Aujourd’hui, Philippe Serex, directeur du Centre sportif de La Veyre, à Saint-Légier, n’imaginait pas que le feu vert donné à Air-Glaciers pour l’utilisation de la parcelle attenante aboutirait à pareille tourmente. Président de l’Association du club veveysan de tennis, Claude-Aimé Chevalley abonde: «On a cru qu’Air-Glaciers était venu par courtoisie et avait regardé avec la ville de Vevey, propriétaire de 65 000 m2 de terrain sur le territoire de Saint-Légier.»

La compagnie valaisanne, plus précisément sa base de Leysin, a lancé il y a tout juste quinze jours un nouveau concept de taxi hélicoptère, «Du lac à la neige en 7 minutes». Une belle opération de communication et de marketing, emmenée par un parrain de choix: Bastian Baker.

Vevey – et son syndic, Laurent Ballif – a très peu goûté d’être informé par médias interposés. Hier matin, la Municipalité a diffusé un communiqué percutant où elle dénonce fermement l’utilisation faite par Air-Glaciers du terrain communal de La Veyre pour du transport de loisirs en hélicoptère, à destination de Leysin et des Diablerets.

Mise à disposition gratuite

«Air-Glaciers sait que nous ne sommes pas favorables à des va-et-vient réguliers, qui vont à l’encontre de notre politique de développement durable. Ponctuellement, avec des autorisations, la compagnie atterrit déjà dans la prairie en dessous du centre sportif pour des matériaux, des manifestations, des transports de VIP, etc.», explique le syndic de Vevey. «Pour l’hélitourisme depuis la parcelle des tennis, nous ne pouvons rien interdire, mais nous pouvons condamner. Seule l’Association du club veveysan est compétente pour l’autoriser ou l’interdire, affirme encore Laurent Ballif. La place de décollage litigieuse est en mains de l’association, bénéficiaire d’un droit de superficie et donc détentrice des droits de propriétaire.»

La réplique d’Air-Glaciers est tombée hier en fin d’après-midi. L’un des initiateurs des vols taxi, Vincent Girardet, atteste avoir pris contact avec la commune de Vevey avant l’initiative de leur projet: «Celle-ci nous a redirigés vers l’Association Sécurité Riviera (ASR). Nous avions besoin de places de parc pour les clients sur le chemin qui sépare les terrains du tennis et la parcelle du dessous. Le 26 octobre, l’ASR nous a indiqué que c’était interdit et qu’il fallait discuter avec l’ayant droit, le tennis-club. Ce que nous avons fait. Un accord oral a été passé pour cet hiver.» Pour le stationnement de véhicules certes, mais également et surtout pour la place de décollage et d’atterrissage. Le tout étant mis à disposition gratuitement par le centre de tennis.

«C’est triste parce que c’était l’idéal. Au vu de la tournure des événements, nous allons trouver un plan B», conclut, déçu, M. Girardet.

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