Irak: Victoire de l'armée face au groupe EI à Ramadi

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IrakVictoire de l'armée face au groupe EI à Ramadi

Les troupes irakiennes ont officiellement proclamé dimanche soir la reconquête de cette ville aux mains du groupe terroriste.

L'objectif suivant des autorités est la prise de Mossoul.

L'objectif suivant des autorités est la prise de Mossoul.

Keystone

L'armée irakienne a repris dimanche le complexe administratif de Ramadi, dernier bastion de l'Etat islamique (EI) dans cette ville à une centaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad, a annoncé un porte-parole militaire. Cette reconquête constitue la plus importante victoire de l'armée régulière face aux djihadistes.

L'EI avait conquis un tiers du territoire irakien il y a 18 mois et avait la mainmise sur ce chef-lieu de la province d'Al-Anbar depuis le mois de mai dernier. «Contrôler ce complexe signifie qu'ils ont été vaincus», a déclaré Sabah al Noumani, porte-parole de la force antiterroriste qui a dirigé l'assaut au côté de l'armée régulière.

Aide des raids aériens

«La prochaine étape est de nettoyer les poches qui pourraient encore exister ici et là dans la ville. Le complexe est complètement sous notre contrôle, il n'y a plus aucune présence de Daech (acronyme arabe de l'EI)», a-t-il ajouté.

Aidées par les raids aériens de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, les forces d'élite antiterroristes et l'armée irakiennes avaient pénétré relativement facilement mardi dans le centre de Ramadi en vue de reprendre cette ville tombée aux mains de l'EI en mai.

Mais leur avancée avait ensuite été ralentie par les engins explosifs, les snipers et les attaques suicide djihadistes. Depuis plusieurs jours de violents combats faisaient rage autour du complexe gouvernemental dans le centre-ville.

Lieu symbolique

Ramadi, situé à 100 km à l'ouest de Bagdad, est le chef-lieu de la province majoritairement sunnite d'Al-Anbar, la plus grande d'Irak et qui est frontalière de la Syrie, la Jordanie et l'Arabie saoudite. La ville s'étend le long du fleuve Euphrate dans une vallée fertile.

La reconquête de Ramadi redorerait le blason de l'armée irakienne, fortement critiquée pour son humiliante déroute en juin 2014 face à l'EI qui avait mis la main sur de vastes pans du territoire au terme d'une offensive fulgurante.

Au moins cinq membres des forces de sécurité ont été tués depuis vendredi, selon plusieurs sources au sein des services de sécurité, même si le gouvernement n'a pas révélé le bilan total des victimes dans ses rangs depuis le début de l'opération il y cinq jours.

Des sources médicales à Bagdad ont indiqué que 93 membres des forces irakiennes ont été blessés et hospitalisés sur la seule journée de dimanche.

«Les corps des morts sont transportés directement à l'hôpital militaire près de l'aéroport», ont ajouté ces sources.

Plus de 50 djihadistes ont été tués durant les dernières 48 heures, selon des sources militaires irakiennes.

Familles en fuite

Le nombre de membres de l'EI présents à Ramadi était estimé mardi à plusieurs centaines mais n'avait cessé de décliner depuis.

Les combattants djihadistes ont utilisé des civils présents dans les zones de combat comme boucliers humains, selon plusieurs témoignages.

«Les combattants de Daech ont forcé toutes les familles habitant près du complexe à partir avec eux afin qu'ils puissent fuir vers» la banlieue est de Ramadi, a affirmé un responsable du quartier Khaldiya, Ali Dawood.

Des civils ayant pu s'échapper ont affirmé qu'il restait très peu de nourriture pour ceux qui étaient encore coincés dans la ville.

L'un d'entre eux a en outre affirmé que lui et sa famille avaient été secourus après que des combattants de l'EI se furent servis d'eux comme bouclier humain pour fuir la ville.

Les familles de Ramadi qui ont réussi à sortir de la ville ont pour certaines rejoint des camps de déplacés dans la province. D'autres ont préféré rejoindre Bagdad ou la région autonome du Kurdistan, dans le nord.

D'après l'Organisation internationale des migrations, les habitants de la province d'Al-Anbar représentent un tiers des 3,2 millions d'Irakiens forcés de quitter leur foyer en raison des combats depuis 2014.

L'institut spécialisé IHS Jane's basé à Londres a estimé la semaine dernière que l'EI avait perdu cette année 14% de l'ensemble des territoires conquis en 2014 en Syrie et en Irak.

(ats)

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