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RoumanieVictoire sans appel de la coalition au pouvoir

La coalition de centre gauche au pouvoir en Roumanie a remporté une victoire sans appel aux élections législatives dimanche.

Le président roumain, Traian Basescu, avec Angela Merkel à la cérémonie du prix Nobel de la paix à Oslo.

Le président roumain, Traian Basescu, avec Angela Merkel à la cérémonie du prix Nobel de la paix à Oslo.

L'incertitude demeure en revanche sur l'attitude du président Traian Basescu, appelé à désigner le prochain Premier ministre.

Selon les résultats portant sur plus de 99% des bureaux de vote publiés lundi, l'Union sociale-libérale (USL, majorité) du Premier ministre Victor Ponta, au pouvoir depuis mai, a remporté 58,61% des voix pour la Chambre des députés et 60,07% pour le Sénat.

Suite à la redistribution des voix, l'USL, qui réunit les sociaux-démocrates, les libéraux et les conservateurs, pourrait disposer d'une majorité des deux tiers au Parlement.

L'opposition de centre droit ARD proche de Traian Basescu, érodée par la sévère cure d'austérité imposée en 2010, a elle obtenu près de 17% des voix. Elle est talonnée de près par le Parti du peuple Dan Diaconescu (PPDD), fondé par un sulfureux patron de télévision, avec environ 14% des voix.

Pour sa part, la mission restreinte de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a noté que «les élections se sont déroulées largement sans incidents», malgré «l'atmosphère politique très chargée».

Faible participation

Le taux de participation s'est à peine élevé à 41,6%, signe d'un désenchantement croissant des Roumains avec une classe politique éclaboussée par d'innombrables scandales de corruption et de clientélisme.

Aussitôt après la clôture des urnes, Victor. Ponta, 40 ans, s'est déclaré prêt à former le nouveau gouvernement, soulignant que c'était la promesse qu'il avait faite à l'électorat pendant la campagne.

Selon le secrétaire général du PSD, Liviu Dragnea, les responsables des trois partis membres de l'USL attendent à être convoqués au palais présidentiel mardi ou mercredi pour des consultations sur le futur Premier ministre.

Traian Basescu n'a pas encore réagi à ce raz-de-marée de l'USL, mais il avait à plusieurs reprises affirmé que M. Ponta ne correspondait pas au «portrait-robot» du futur Premier ministre qu'il a dressé.

Risque de crise politique

Le chef de l'Etat, dont le mandat court jusqu'en 2014, lui reproche notamment le double discours à l'égard des valeurs européennes. Les analystes estiment néanmoins que sa marge de manoeuvre est limitée.

«Nous aurons probablement un gouvernement conduit par Victor Ponta. Je ne crois pas que Traian Basescu pourra s'opposer à un résultat aussi clair des élections», a déclaré le politologue Alexandru Radu.

S'il le fait, malgré tout, «la crise politique risque de se poursuivre, avec de graves conséquences dans une Roumanie minée par la crise économique», ajoute-t-il.

Six mois après la tentative de destitution du chef de l'Etat, qui avait suscité les critiques de Bruxelles et de Washington, une nouvelle période d'instabilité nuirait aux efforts de la Roumanie - plus jeune membre de l'UE - de renouer avec une croissance durable.

(ats/afp)

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