Golf: [Vidéo] Golf, le parcours des champions

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Golf[Vidéo] Golf, le parcours des champions

«Le Matin Dimanche» a réuni quatre sportifs sur le parcours de Crans-sur-Sierre, pour des échanges captivants.

par
Jérôme Reynard

On leur avait donné rendez-vous au départ du trou numéro 1, au Golf Club Crans-sur-Sierre, théâtre du traditionnel Omega European Masters. L'idée? Réunir trois sportifs d'horizons différents, tous passionnés de golf: Sophie Lamon (escrime), Marc Rochat (ski alpin) et Yves Allegro (tennis). Leur offrir la possibilité de se mesurer à un golfeur professionnel, le Français Raphaël Jacquelin, vainqueur de quatre titres sur le circuit européens. Pas besoin de longs parcours: quelques trous ont suffi à des discussions intenses, terminées devant un bon repas .

On a changé nos plans en partie lorsque des trombes d'eau ont commencé à s'abattre. Et si on les faisait jouer en équipe? Le revirement s'est avéré judicieux, grâce à une formule plutôt ludique: le scramble à quatre. Chaque joueur tape son coup de départ; le groupe choisit ensuite parmi les quatre balles frappées laquelle est la mieux placée. Cette balle devient le point de départ du coup suivant, les joueurs tapent à tour de rôle, sauf celui dont la balle a été choisie. Ainsi de suite jusque dans le trou...

La bonne humeur s'est installée dès l'explication de la formule par Raphaël Jacquelin, surtout lorsque le champion a insinué que l'équipe opterait souvent pour sa balle. Réaction d'Yves Allegro, hilare: «Le cigare du mec!»

Birdie pour Rochat et Allegro

Bilan des quatre trous joués sous la pluie? Un bogey, deux pars amenés par deux coups magiques de Raphaël Jacquelin, et un birdie concocté sans l'aide du professionnel, avec Marc Rochat à l'approche et Yves Allegro à la conclusion. Voilà pour les scores. Pour le reste, on a surtout assisté à des moments de franche rigolade, de chambrage et de tapes dans les mains. À des échanges entre les quatre protagonistes, aussi, au sujet de leurs carrières et de leur relation au golf.

Une expérience «géniale», «incroyable», «impressionnante», selon les termes utilisés par les trois amateurs. «Avoir cette proximité avec quelqu'un qu'on suit habituellement à la télévision, c'est extraordinaire. En parlant avec Raphaël, en le regardant jouer, on se rend compte de tout le travail qu'il y a derrière», s'émeut Sophie Lamon.

Pour l'escrimeuse comme pour Marc Rochat et Yves Allegro, le golf reste un hobby. Une passion qui n'est toutefois pas si éloignée de leur sport de prédilection et qui leur a apporté à tous un plus, une connaissance d'eux-mêmes, à tous les niveaux. Ils racontent.

Trois sportifs d'horizons différents, trois types de relation au golf

Sophie Lamon

La palme du swing le plus élégant revient sans conteste à Sophie Lamon (handicap 27,5). Celle du mouvement le plus juste également. Ce n'est pas un hasard: dans ce registre, peu de sports sont aussi exigeants que l'escrime. «Techniquement, stratégiquement et mentalement, le golf se situe un cran au dessus, estime pourtant la Valaisanne. Mais il existe des similitudes, sur le plan de la concentration et dans la quête du geste parfait. Et puis, en escrime, l'idée est de mettre une touche sans penser à la suivante. C'est pareil au golf, où il faut taper un coup après l'autre, en restant concentré sur le présent.»

Si Sophie Lamon est la plus régulière sur le parcours, c'est aussi grâce aux habitudes développées dans son sport de prédilection. Avec un corps systématiquement orienté dans le même sens, l'escrimeuse a développé un côté plus fort que l'autre. Son swing, plus naturel, comporte moins de parasites que celui de ses partenaires. Son plus grand plaisir? «Évoluer dans la nature. Ça m'a manqué, pendant toutes ces années à pratiquer un sport d'intérieur.» La Sédunoise avait déjà joué au golf en marge de sa carrière. Depuis son retrait en 2011, elle est plus assidue. Ce sport lui apporte «un bon équilibre».

Marc Rochat

Marc Rochat a grandi non loin du Golf Club de Lausanne. Il a atteint un handicap honorable (13). Mais il a soudainement rangé ses clubs, en pleine adolescence. «J'étais un gamin turbulent, j'avais de la peine à rester tranquille.» Après une pause de dix ans, il a repris l'an dernier. «Et le plaisir est revenu tout de suite.»

Le slalomeur n'a pas encore retrouvé son niveau d'antan (handicap 28). Il frappe fort, très fort. Mais en donnant toute sa puissance, il a une fâcheuse propension à manquer de maîtrise, et donc à s'égarer du fairway. «Je sais qu'entre les piquets, tu dois être à fond, mais ici, le 80% est permis», lui suggère Raphaël Jacquelin. Le parallèle se poursuit lorsque le golfeur conseille au skieur de davantage tourner le bassin pendant son swing, au lieu de le pousser vers l'avant. Réplique immédiate: «Je n'y peux rien, c'est le ski qui veut ça.»

Le golf, Marc Rochat y joue aussi souvent que possible. «C'est une bonne façon d'occuper mon esprit à quelque chose d'autre, glisse-t-il. Mais c'est également un exercice utile. Dans le sens où il faut savoir garder ses moyens et rester concentré durant plusieurs heures. Le principe est le même en ski, où il faut rester dans sa bulle, calme, pendant deux manches.»

Yves Allegro

Yves Allegro n'en loupe pas une. On ne parle pas de balles mais d'occasions de chambrer ou de faire rire ses partenaires. Pour ce qui est du golf, on retiendra le magnifique putt enquillé au trou numéro 3, vantardise au rendez-vous. Mais aussi ce moment où il a failli assommer ses coéquipiers lorsque sa balle a ricoché sur des troncs d'arbre, moqueries en retour.

L'ancien spécialiste de double vaut mieux que son 54 de handicap. Reste que sa tendance aux draws (balles dont la trajectoire tourne de droite à gauche) et aux fades (l'inverse) traduit un petit défaut. Ce geste parasitaire trouve son origine dans l'utilisation des poignets, soit dans un long passé tennistique. Raphaël Jacquelin le décèle immédiatement. «En fait, tu liftes et tu slices.»

Il n'empêche que le Valaisan prend son pied. «Je jouais déjà un peu avant, pour me vider l'esprit, quand j'étais en tournoi aux États-Unis, où le golf était plus accessible. Je m'y suis mis plus sérieusement depuis quelque temps et ça me passionne. Comme je pars de loin, j'ai l'impression de toujours progresser, contrairement au tennis. Et d'un point de vue social, c'est génial: tu peux jouer avec des gens de tout niveau et tu fais régulièrement des rencontres.»

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