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HongrieViktor Orban devrait encore s'accaparer toutes les institutions

Le parti conservateur de Viktor Orban arrive largement en tête des élections législatives hongroises dimanche. Cette formation, le Fidesz, est accusée de dérives antidémocratiques ces quatre dernières années.

Immense favori de ses élections, Viktor Orban a été voté dimanche matin à Budapest (6 avril).

Immense favori de ses élections, Viktor Orban a été voté dimanche matin à Budapest (6 avril).

Reuters

Ces résultats provisoires ne permettent pas encore de savoir si le Fidesz va conserver ou non une majorité des deux-tiers au parlement, mais sa réélection semble acquise. Selon l'institut de référence Nezopont, il est crédité de 48% des suffrages, contre 27% pour l'alliance de la gauche et 18% pour le parti d'extrême-droite Jobbik.

Le petit parti de centre-gauche et écologique LMP parviendrait à se maintenir au parlement avec 6%. En 2010, le Fidesz avait obtenu 52,7% des voix et les deux tiers des députés.

Forcing contre l'absentéisme

«J'espère que la participation sera élevée aujourd'hui, car cela facilitera la mise en place d'un gouvernement fort», avait espéré Viktor Orban, 50 ans, après avoir voté à Budapest dans la matinée.

Ces derniers jours, il avait fait le forcing pour mobiliser ses partisans, de peur qu'ils n'aillent pas voter croyant la victoire déjà acquise. Le Fidesz a largement mené dans les sondages d'avant le vote. Quelque 8,2 millions d'électeurs étaient appelés à choisir 199 députés via un scrutin désormais à un tour.

Les quatre ans de règne sans partage de Viktor Orban ont polarisé la société de cet ancien pays du bloc communiste, membre de l'Union européenne depuis 2004.

Faire oublier les hausses d'impôts

Grâce à plus de 850 lois adoptées sans débats au moyen d'une majorité des deux tiers au Parlement, son parti a accaparé toutes les institutions et les contre-pouvoirs du pays, comme les médias et la justice, mais aussi l'économie et même de la culture.

Une prise de contrôle tentaculaire que ni les manifestations populaires de 2011 et 2012, ni les sévères rappels à l'ordre de Bruxelles ou les critiques en provenance des Etats-Unis n'ont réussi à brider.

L'économie reprend des couleurs

La campagne du Fidesz a tourné essentiellement autour de la baisse très populaire de plus de 20% des prix de l'énergie domestique depuis 2013, qui a fait oublier les hausses d'impôts des années précédentes.

L'ancien dissident anticommuniste, incontesté au sein de son parti, s'est aussi attribué la reprise de l'économie (1,2% en 2013), pourtant essentiellement liée aux récoltes exceptionnelles dans l'agriculture.

Redécoupage en faveur du Fidesz

Il a vanté son combat contre l'avidité présumée des compagnies étrangères, soumises pour la plupart à de lourdes taxes. Les investissements directs ont pour cette raison fondu dans le pays, dont l'économie se nourrit quasi-exclusivement des fonds européens.

La grande question est de savoir si le Fidesz va ou non de nouveau obtenir une «super majorité», qui lui permettrait de continuer à forger le pays à sa guise. Le redécoupage en sa faveur des circonscriptions devrait lui faciliter la tâche.

«Le système électoral est injuste (...). C'est comme si le Fidesz devait faire un 100 m et l'opposition un 400 m haies», avant déploré avant l'annonce des premiers chiffres Gordon Bajnai, ancien premier ministre technocrate et l'un des leaders de la gauche.

Si les conservateurs échouent, le débat réapparaîtra dans la vie politique hongroise, estiment les politologues. Les premiers résultats partiels à partir du dépouillement des bulletins sont attendus plus tard dans la soirée, de même que la répartition des sièges au parlement.

(ats)

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