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ATHLÉTISMEViktor Röthlin se dit prêt pour son «Alpe d'Huez»

L'Obwaldien, tenant du titre européen du marathon, a détaillé le parcours de l'épreuve des prochains championnats d'Europe. Il compare la montée du parcours à la célèbre ascension du Tour de France.

Viktor Röthlin a fait découvrir le parcours du marathon des prochains championnats d'Europe de Zurich dans un tram.

Viktor Röthlin a fait découvrir le parcours du marathon des prochains championnats d'Europe de Zurich dans un tram.

Keystone

A deux semaines et demie du marathon des Championnats d'Europe, Viktor Röthlin, le tenant du titre, est prêt à vendre chèrement sa peau. Sa préparation s'est déroulée à la perfection, mais il se voit plutôt comme outsider le 17 août à Zurich. L'Obwaldien avait convié la presse à Zurich pour un tour en tram - dans un véhicule spécialement réservé - sur le parcours des Championnats d'Europe. Un tracé tourmenté fait de quatre boucles de 10 km, très exigeant, avec à chaque fois la montée vers le Polytechnicum. «Ce sera comme gravir quatre fois l'Alpe d'Huez», exagère (un peu) le recordman de Suisse (2 h 07'23).

Le champion d'Ennetmoos, qui aura 40 ans en octobre, ne cache pas que cette montée lui convient: «A mon âge, je ne suis plus le plus rapide. Heureusement, ce parcours exigera également d'autres qualités, musculaires par exemple. Ce n'est pas forcément le plus gros moteur qui va gagner», anticipe-t-il.

Röthlin n'a plus couru sous 2h10' depuis deux ans et demi. En revanche, il est un dur au mal, expérimenté comme pas deux, très bon tacticien et polyvalent, tout en ayant gardé une vélocité intéressante. Des caractéristiques qui s'avéreront importantes sur un parcours aussi atypique que celui des Européens. «Mais le favori, ce sera Tadesse Abraham», prévient Röthlin. «C'est lui le no 1 en Europe désormais (ndlr. Abraham vient de recevoir son passeport suisse). Moi, je ne suis que le no 8. »La hiérarchie reste cependant dure à établir, sachant que de nombreux participants - dont Röthlin - n'ont pas encore couru de marathon cette année.

«La course s'annonce différente des autres marathons internationaux que j'ai disputés», souligne le médaillé de bronze des Mondiaux d'Osaka en 2007 et 6e des JO 2008 à Pékin. «Pour la première fois, j'aurai un coéquipier (Abraham). Ce ne sera pas forcément à moi d'aller combler le trou si un Italien ou un Polonais s'échappe.»

Le tenant du titre - «Je me souviendrai toujours de mon sacre à Barcelone le 1er août 2010, j'en parlerai encore sûrement en maison de retraite tellement c'était grandiose!» - n'a comme toujours rien laissé au hasard. Il s'est entraîné à six reprises sur le parcours en ville Zurich, dès potron-minet (à 5h30), pour ne pas être trop dérangé. Il en a étudié tous les recoins. Et lors de son stage d'entraînement à St-Moritz cet été, il a couru sur une boucle spéciale au profil proche de celui de Zurich, en faisant la navette de la gare au centre-ville.

Röthlin s'est notamment préparé en compagnie d'Abraham, qu'il juge très fort. L'Erythréen d'origine, établi à Genève, vient du reste de le distancer de 2 minutes à la course du lac d'Ägeri, sur 14 km. «S'il échoue à Zurich, ce sera dans la tête. Car physiquement, Tadesse est parfaitement prêt. Mais moi aussi je suis prêt. Je n'ai pas l'obligation de gagner une médaille, j'en ai déjà.»

(SI)

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