Actualisé 29.01.2020 à 10:00

Village attaqué par des djihadistes: 39 morts

Burkina Faso

L'assaut d'un village burkinabè commis samedi par des djihadistes a fait 39 morts selon un communiqué du gouvernement diffusé cette nuit.

Une source avait fait état mardi d'un bilan de «entre 10 et 30 morts».

Une source avait fait état mardi d'un bilan de «entre 10 et 30 morts».

illustration, AFP

Le bilan de l'attaque samedi par des djihadistes de Silgadji, village du nord du Burkina Faso où des hommes ont été exécutés après avoir été séparés des femmes, s'élève à 39 morts, a annoncé mercredi le gouvernement.

«Les opérations de ratissage entreprises dans la zone par les Forces de défense et de sécurité (FDS) ont permis de constater la mort de 39 de nos concitoyens dans cette attaque lâche et barbare», selon le texte du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Remis Fulgance Dandjinou.

Eviter les rassemblements

Une source sécuritaire avait fait état mardi d'un bilan d'«entre 10 et 30 morts» et des témoins évoquaient «une cinquantaine de morts». De source sécuritaire, les FDS ont progressé lentement vers le village, craignant que les accès soient minés. «Les FDS ont apporté leur aide et leur soutien aux populations pour l'inhumation des victimes», poursuit le gouvernement qui «appelle les populations dans les zones de fort défi sécuritaire à éviter les rassemblements qui donnent l'occasion aux terroristes de perpétrer leurs attaques».

Dimanche, des habitants de Silgadji (province du Soum) fuyant le massacre étaient arrivés à Bourzanga (nord) et ont témoigné. «Selon les habitants (de Silgadji), les terroristes ont encerclé les populations au marché du village, avant de les séparer en deux groupes. Les hommes ont été exécutés et les femmes sommées de quitter le village», avait déclaré à l'AFP par téléphone un habitant de Bourzanga.

«Installer la terreur»

Ce massacre intervient une semaine après l'attaque des villages de Nagraogo et Alamou un peu plus au sud dans la province de Sanmatenga. Les assaillants avaient tiré dans le marché tuant 36 personnes, tous des civils.

«La crise sécuritaire que connait notre pays depuis quatre ans est malheureusement en train de prendre de l'ampleur» a réagi mercredi l'opposition. «L'opposition politique note avec amertume que, de plus en plus, les ennemis de la Nation s'en prennent aux populations civiles en masse», affirme l'ancien ministre Augustin Loada.

«Cela révèle un peu plus les ambitions des terroristes d'installer la terreur sur le territoire burkinabè. Il appartient au gouvernement de donner des moyens de combat nécessaires à nos Forces de défense et de sécurité, et d'organiser les Renseignements et les relais locaux pour contrer ce projet macabre», ajoute-t-il.

Près de 800 morts

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est confronté à des attaques djihadistes qui ont fait près de 800 morts depuis 2015 selon un décompte de l'AFP et provoqué une crise humanitaire sans précédent avec 600'000 déplacés et réfugiés qui fuient les violences, selon l'ONU.

Sous-équipées et mal entraînées, les forces de sécurité burkinabè n'arrivent pas à enrayer la spirale de violences. Six militaires burkinabè ont été tués mardi dans une embuscade dans la province de la Kompienga, dans l'Est, selon des sources sécuritaires, précisant que plusieurs soldats sont portés disparus.

Selon l'ONU, les attaques djihadistes au Mali, au Niger et au Burkina ont fait 4000 morts en 2019 malgré la présence de forces militaires étrangères notamment françaises. 4500 soldats français sont déployés dans le Sahel dans le cadre de l'opération anti-jihadiste Barkhane.

(AFP)

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