Insolite - Ville de Bitche: les robots de Facebook ont encore frappé
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InsoliteVille de Bitche: les robots de Facebook ont encore frappé

Cette bourgade située dans le Grand Est de la France s’est retrouvée expropriée sans explications du réseau social américain. À la grande contrariété de sa gestionnaire.

Bitche en Moselle, une bourgade d’un peu plus de 5000 âmes. 

Bitche en Moselle, une bourgade d’un peu plus de 5000 âmes.

Wikpedia/CC

Compte tenu des pratiques de Facebook, connues depuis la nuit des temps (ère numérique), cette histoire est d’une affligeante banalité.

Le péché originel pour cette charmante bourgade de plus de 5000 âmes située en Moselle, dans le Grand Est de la France, est de porter le nom de Bitche. «Bitche, Bitche, c’est un petit nom charmant», dirait Fernandel, mais pour les robots de Facebook, chasseurs radicaux des mots qui fâchent, bitch (ou bitches) cela veut surtout dire «salope» ou «chiennes», un vocabulaire qui ne saurait être employé sur le réseau social américain. Et on ne va pas ergoter sur le «e» de trop ou sur le «s» manquant, le langage binaire ne s’embarrasse pas de ces subtilités.

Toujours est-il que ce petit détail de l’histoire embarrasse fortement Valérie Degouy, la responsable communication pour la ville, rapporte «Radio Mélodie» sur son site après lui avoir donné la parole sur ses ondes. Cette dernière a en effet constaté dernièrement la totale disparition de la page Facebook dont elle a la charge.

Un bonheur ne vient jamais seul

Et comme un bonheur ne vient jamais seul, elle s’est ensuite retrouvée victime de la loi dite de «l’emmerdement maximum». Le 19 mars dernier, elle fait appel de la décision de Facebook, via le formulaire idoine. Pas de réponse. Elle tente de contacter en message direct Facebook France. Pas de réponse non plus. Comme la bougresse insiste, la filiale du réseau social américain finit, de guerre lasse, par l’informer que la division n’est pas compétente pour agir et qu’il convient d’attendre la prise en compte de la réclamation déjà faite.

Impuissante, Valérie ne trouve alors pas d’autre solution – temporaire, espère-t-elle – que de créer une nouvelle page sobrement titrée «Mairie 57230» (en référence au code postal de la ville) ou seul un logo circulaire laisse deviner le mot «Bitche» légèrement tronqué. Tout cela afin de ne point éveiller les soupçons des crétins, zélés mais crétins, labradors numériques qui reniflent quelque part, depuis une galaxie lointaine, très lointaine.

L’affaire s’est heureusement dénouée mardi. La page a été republiée, trois semaines après sa suppression, indique Facebook France à l’AFP en concédant une «analyse incorrecte de la part de nos systèmes».

«Ce qui arrive aujourd’hui démontre l’insuffisance et les limites des outils de modération que seul un regard humain peut apprécier», réagit le maire de Bitche, Benoît Kieffer. L’élu invite le patron du géant du numérique, Mark Zuckerberg, à se rendre à Bitche pour «découvrir notre jolie cité fortifiée» et «honorer (...) la mémoire de ses compatriotes (...) américains qui, sous la bannière de la 100e Division d’Infanterie, ont libéré Bitche de l’occupation allemande au printemps 1945».

Des «libérateurs qui se sont alors eux-mêmes dénommés, avec fierté et ironie, the Sons of Bitche, ajoute, narquois, Benoît Kieffer.

(JChC)

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