19.05.2020 à 19:51

FootballVincent Sasso: «C'était plus cool en Suisse qu'en France»

Le Français, qui s'est réjoui de retrouver ses coéquipiers ce mardi, est prêt à reprendre la compétition, même s'il se pose des questions.

par
Christian Maillard
Vincent Sasso a repris avec plaisir le chemin de Balexert.

Vincent Sasso a repris avec plaisir le chemin de Balexert.

ERIC LAFARGUE

Il avait des fourmis plein les pieds et un ballon qui roulait dans la tête. Défenseur du Servette FC, Vincent Sasso ne le cache pas. Cela faisait deux mois qu’il attendait cette «prise de température» avec le terrain et ce cuir qu'il aime tant faire ronronner. Le Français est arrivé en sifflant ce mardi à Balexert, si content de revoir ses copains de la Praille, qui retrouvaient enfin la pelouse, après tant de frustration, tout seul à la maison.

Vincent, comment s’est passé cette reprise du boulot. Avec des fourmis aux pieds?

Oui, cela fait vraiment plaisir de retrouver le terrain et le ballon. Comme mes coéquipiers, ils m’ont énormément manqués.

Avez-vous dû passer un test avant de retrouver l’herbe verte de Balexert?

Non car nous avons été régulièrement contrôlés ces dernières semaines à l’Hôpital de la Tour à Meyrin. On a juste appliqué les mesures de sécurité et de distanciation même si personne dans l’équipe ne présente des symptômes du Covid. A partir de là, cela s’est fait logiquement. On était divisés en deux groupes de quinze. Tout le monde était là.

Comptiez-vous les jours depuis le début du confinement?

Non mais on se réjouissait tous de cette fin de confinement, pas seulement les sportifs. Cette période n’a pas été facile pour tout le monde. C’était le moment de retrouver une certaine routine.

Vous qui êtes Français, vous étiez visiblement mieux en Suisse que de l’autre côté de la frontière...

Oui, j’avais pris la décision de rester à Genève et je dois avouer que je ne regrette pas. C’était, entre guillemets, plus cool en Suisse qu’en France où c’est bien plus compliqué.

Vous êtes vous entraîné avec un masque?

Non, pour respirer et courir, c’est plus facile sans!

Le foot a été annulé en France mais a repris en Allemagne, alors qu’il est en stand-by en Suisse: c’est quoi votre sentiment par rapport à ce virus?

Comme tout le monde, je suis un peu mitigé. Côté compétition, c’est bien que cela reprenne, mais d’un autre côté, pour la santé, cela va faire beaucoup de matches en peu de temps. Et puis, évoluer sans supporter dans un stade sans ambiance, c’est quand même un peu plus compliqué pour se motiver. Pour moi, le sport, le foot, ça se partage. Et sans les fans c’est tout de suite très différent...

Après un bon parcours, vous avez une place européenne à jouer, c’est motivant tout de même...

Il est vrai que nous avons réussi un beau parcours jusque là. C’est juste un peu dommage d’avoir été coupés dans notre élan, car nous étions bien lancés. Maintenant c’est comme un nouveau championnat qui va commencer et on espère au moins assurer cette quatrième place.

Après ce premier entraînement, comment vous sentez-vous? Avez-vous des courbatures?

S’il est évident que cela change entre s’entraîner à la maison ou en groupe, sur le terrain, aujourd’hui cela allait. Mais il risque d’y avoir des douleurs aux jambes ces prochains jours, c'est vrai. Il faut que notre corps se réhabitue. Cela ira mieux ces prochaines semaines.

Dans votre tête, êtes-vous prêts, malgré tout, à reprendre?

Je le répète, on est des compétiteurs et on a tous envie de reprendre et de terminer ce championnat. Mais d’un autre côté, il y a quand même des points d’interrogation au niveau du cumul des matches en si peu de temps. Physiquement, cela risque d’être éprouvant. En plus, les fans ne seront pas là pour nous donner de la force.

Propos recueillis par Christian Maillard

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