Turquie: Vingt-huit maires relevés de leurs fonctions
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TurquieVingt-huit maires relevés de leurs fonctions

Près de 30 élus ont été renvoyés, selon le ministre de l'Intérieur. Ils sont soupçonnés d'avoir des liens avec le PKK.

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La Turquie commémore lundi la mise en échec d'une sanglante tentative de coup d'Etat visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. (15 juillet 2019)

La Turquie commémore lundi la mise en échec d'une sanglante tentative de coup d'Etat visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. (15 juillet 2019)

AFP
Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre plus de 200 militaires. (14 décembre 2018)

Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre plus de 200 militaires. (14 décembre 2018)

Keystone
AK Party members stand in front of shoes symbolizing victims of the September 12, Turkish coup d'Etat as they take part in a rally to commemorate the 38th of the event in front of the Ulucanlar prison in Ankara, on September 13, 2018. (Photo by ADEM ALTAN / AFP)

AK Party members stand in front of shoes symbolizing victims of the September 12, Turkish coup d'Etat as they take part in a rally to commemorate the 38th of the event in front of the Ulucanlar prison in Ankara, on September 13, 2018. (Photo by ADEM ALTAN / AFP)

Keystone

La Turquie a relevé dimanche de leurs fonctions 28 maires soupçonnés d'être liés aux militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ou à l'ex-prédicateur Gülen.

Le ministre de l'Intérieur, Suleyman Soylu, l'a annoncé.

Les 28 élus démis de leurs fonctions ont été remplacés par des administrateurs proches du parti au pouvoir, a précisé le ministre dans des propos rapportés par l'agence Dogan. Les mairies ne peuvent être contrôlées plus longtemps par «les terroristes ou leurs chefs qui donnent des instructions depuis Qandil (bastion du PKK en Irak)», a estimé M. Soylu.

L'organisation du PKK - considérée par Ankara et ses alliés occidentaux comme un groupe «terroriste» -, et l'armée turque ont rompu il y a un an un fragile cessez-le-feu et repris les hostilités, entamées en 1984.

Les mairies concernées sont situées en grande partie dans des régions du sud-est de la Turquie et peuplées en majorité de Kurdes. Certaines d'entre elles, telles Sur et Silvan dans la région de Diyarbakir, Nusaybin dans celle de Mardin, sont connues pour abriter des centres de la rébellion kurde du PKK.

Parmi les 28 maires, 24 sont accusés d'avoir des liens avec la milice kurde et 4 avec la confrérie güleniste, a détaillé le ministre de l'Intérieur, précisant que 12 d'entre eux étaient déjà emprisonnés. Cette réorganisation a été mise en oeuvre dans le cadre de l'Etat d'urgence décrété après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet.

«C'est une violation des droits de l'homme» et des «traités internationaux», a réagi le parti HDP (Parti démocratique du peuple, prokurde) dans un communiqué. «Il n'y a pas de différence entre bombarder un Parlement élu par le peuple et déloger des élus municipaux» choisis en 2014, a-t-il estimé.

«Etre élu ne donne pas le droit de commettre un crime», a répondu sur le réseau social Twitter le ministre de la Justice Bekir Bozdag, balayant les critiques sur une carence démocratique.

(ats)

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