Pakistan: Viol collectif: un suspect arrêté
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PakistanViol collectif: un suspect arrêté

Un suspect a été arrêté dans une affaire de viol collectif qui a provoqué un tollé national après qu’un cadre de la police a semblé blâmer la victime parce qu’elle conduisait la nuit sans compagnon masculin.

Des membres de VCare Welfare Trust manifestent après le viol collectif d’une femme à Karachi.

Des membres de VCare Welfare Trust manifestent après le viol collectif d’une femme à Karachi.

AFP

Alors que deux hommes sont suspectés d’avoir violé une femme, l’un a été arrêté, a fait savoir Usman Buzdar, le ministre en chef de la province du Pendjab (Est), où le crime s’est produit. Un des cadres de la police avait blâmé la victime parce qu’elle conduisait la nuit sans compagnon masculin.

«Son ADN correspond et il a avoué le crime», a poursuivi M. Buzdar dans un tweet.

Un haut responsable policier a confirmé l’arrestation, ajoutant qu’une chasse à l’homme était en cours pour arrêter le second suspect.

Des manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes du Pakistan ce week-end pour dénoncer les propos du chef de la police de Lahore – la capitale du Pendjab ,- Umar Sheikh, qui avait suggéré que le viol était au moins partiellement la faute de la victime, menacée d’un pistolet et violée devant ses deux enfants après être tombée en panne.

Code patriarcal

Personne au Pakistan «ne permettrait à ses filles et sœurs de voyager seule si tard», avait-il déclaré. «Sa famille est de France, son mari vit en France. Elle a fait cela parce qu’elle se base sur la France. Elle a cru que notre société était aussi sûre qu’en France», a-t-il ajouté.

M. Sheikh a présenté lundi ses excuses pour ces propos.

L’ambassade de France au Pakistan, contactée par l’AFP, n’a pas souhaité faire de commentaire sur cette affaire.

Une grande partie du Pakistan, pays musulman conservateur, vit sous un code patriarcal qui systématise l’oppression des femmes en les empêchant, par exemple, de choisir leur propre mari ou de travailler hors de leur maison.

Chaque année, environ un millier de femmes pakistanaises accusées d’avoir jeté l’opprobre sur leur famille sont assassinées par un proche lors de crimes dits d’honneur.

Pour la castration chimique

Le premier ministre pakistanais s’est prononcé lundi pour la castration chimique après qu’un viol collectif a provoqué un tollé national, un cadre de la police ayant notamment semblé blâmer la victime parce qu’elle conduisait la nuit sans compagnon masculin.

Interrogé sur l’affaire, Imran Khan s’est d’abord prononcé pour «les pendaisons publiques». Mais «on m’a dit qu’il n’y avait pas de tolérance internationale pour cela», a-t-il remarqué lors d’une interview télévisée.

Un accord commercial permettant l’exportation de produits pakistanais sans droits de douane dans l’Union européenne, crucial pour les entreprises pakistanaises, en serait en outre menacé, a expliqué Imran Khan.

La peine de mort pour les criminels sexuels étant de ce fait exclue, «il devrait y avoir la castration chimique», a-t-il lancé.

(AFP/NXP)

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