Actualisé

BerneViola Amherd à l'armée, ou le «chant du cygne» du PDC

Après avoir été minorisé lors d'un vote interne au Conseil fédéral, le PDC fait dans la méthode Coué: «Soyons positifs!». Et si c'était la dernière fois ?

par
Eric Felley
Pour le président du PDC, Gerhard Pfister, le fait que la représentante du parti se retrouve au Département de la défense, de la population et des sports n'est «pas mauvais».

Pour le président du PDC, Gerhard Pfister, le fait que la représentante du parti se retrouve au Département de la défense, de la population et des sports n'est «pas mauvais».

Keystone

«Le PDC se réjouit que sa nouvelle conseillère fédérale, Viola Amherd, prenne les rênes du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), un département d’une importance fondamentale pour la Suisse.» Lundi, le PDC Suisse et son président Gerhard Pfister n'ont cessé de dédramatiser la défaite du parti au Conseil fédéral dans la répartition des départements.

Dans un communiqué, le PDC a utilisé les trésors de la méthode Coué: «La sécurité est l'un des thèmes forts du PDC et la conduite du DDPS est donc une mission bienvenue. La sécurité est un besoin élémentaire de la population et à la base de notre prospérité.» Tout irait bien dans le meilleur des mondes si sa représentante avait accepté spontanément son poste et que le Conseil fédéral n'ait pas eu à voter. «Au PDC, relève un député, tout le monde savait que Viola Amherd voulait le Département de justice et police. Dans ce sens c'est une défaite. Fallait-il d'ailleurs aller jusqu'au vote en sachant qu'il était perdu...»

«Soyons positifs...»

Pour la conseillère nationale Christine Bulliard Marbach (PDC/FR), il n'est pas l'heure de se plaindre des autres : «Il y a sept départements et chacun a besoin d'un ou une cheffe. C'est clair que pour Viola Amherd, ce n'est pas tout à fait le département de ses rêves, mais la personne qui arrive au Conseil fédéral n'a pas le choix. Soyons positifs, il y a aussi le sport dans ce département. Nous sommes toujours heureux de son élection et elle fera cela au mieux.»

La centriste Amherd neutralisée

Son collègue Claude Béglé (PDC/VD) fait une analyse plus subtile: «Ce n'est peut-être pas le Conseil fédéral idéal avec les bonnes personnes aux bons endroits. A part pour Simonetta Sommaruga, la droite a tout décidé. On a laissé à Viola Amherd un département, où elle ne peut être que de droite. A l'armée tout le monde est de droite et cela neutralise le côté centriste de son profil politique.»

Certains PDC montraient du doigt aussi le rôle qu'aurait joué l'allié PS dans cette répartition, laissant tomber Viola Amherd: «En posant comme principe de base que Guy Parmelin devait quitter le DDPS, conteste Carlo Sommaruga (PS/GE), il fallait arranger le reste. En imposant le DDPS à Viola Amherd, la droite a fait une erreur de casting, c'est du gâchis.»

Méthode Coué ou champ du cygne ?

Pour un autre parlementaire socialiste, ce n'est rien moins que l'avenir du PDC qui est en jeu dans cette opération: «Il est possible que Viola Amherd soit en fait la dernière représentante du parti au Conseil fédéral. Ce serait en quelque sorte son chant du cygne... Elle peut rester un certain nombre d'années. Mais, durant cette législature, on a vu que le PDC est en recul partout dans ses bastions. Tout dépend du résultat des élections de 2019. Les Verts vont peut-être arriver au Gouvernement un jour.»

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!