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UkraineViolée, puis brûlée, Oksana a fini par mourir

Trois semaines après avoir été violée, brûlée et laissée pour morte, Oksana Makar, 18 ans, est décédée jeudi à l'hôpital. Ce crime a scandalisé l'Ukraine en raison du traitement préférentiel dont aurait bénéficié un suspect.

Oksana Makar est décédée dans la matinée de jeudi à la suite d'une hémorragie pulmonaire dans un hôpital de Donetsk, ville de l'est de l'Ukraine, où elle avait été transférée, a indiqué à l'AFP le directeur de cet établissement, le Dr Emil Fistal.

«Imaginez-vous, ils l'ont étranglée (...), puis ont mis le feu à son corps. Elle est restée dix heures par terre par un froid glacial, a souligné le médecin. Elle était condamnée dès le départ. Si elle a survécu ces trois semaines c'est grâce à un traitement intensif.»

Le crime a eu lieu le 9 mars à Mykolaïv, ville natale de la victime dans le sud du pays. Trois jeunes, âgés d'une vingtaine d'années, l'ont violée dans un appartement, avant de l'étrangler, puis de tenter de brûler son corps. Elle a été retrouvée par un passant et hospitalisée dans un état critique, avec 55% de son corps brûlé. Les médecins ont dû l'amputer d'un bras.

Scandale national

Le président Viktor Ianoukovitch et son Premier ministre Mykola Azarov ont exprimé leurs condoléances aux proches de la victime dont le calvaire a suscité une vive émotion dans tout le pays.

«Des millions d'Ukrainiens croyaient en la guérison d'Oksana», a déclaré Mykola Azarov dans un communiqué sur son site internet, promettant «une punition sans compromis» pour ses assassins.

L'affaire a pris des allures de scandale national lorsque la police, qui avait interpellé les trois suspects, en a relâché deux, dont le fils adoptif d'une femme occupant un poste local important, celui d'ex-chef d'un district de la région de Mykolaïv.

Indignation sur les réseaux sociaux

Les Ukrainiens ont dans la foulée organisé, notamment par le biais de réseaux sociaux, des manifestations dont l'une a réuni des milliers de personnes pour dénoncer ce qu'ils considéraient comme une tentative d'étouffer l'affaire, à l'instar d'autres crimes impliquant des proches de responsables haut placés.

L'indignation générale a été attisée par une vidéo présentée comme étant l'interrogatoire d'un tortionnaire d'Oksana Makar et diffusée sur YouTube. On y voit un jeune homme, le visage caché, décrivant le crime, avouant avoir étranglé la jeune fille, d'abord à mains nues, puis avec un cordon.

Il a affirmé que la victime avait d'abord accepté d'avoir des rapports sexuels avec ses agresseurs, puis menacé de les «dénoncer à la police» pour viol, a-t-il affirmé. «Elle hurlait (...) et je l'ai violée. Elle ne s'est pas calmée et j'ai décidé de l'étrangler», a-t- il raconté.

Suspects de nouveau arrêtés sous la pression

Croyant la jeune fille morte, ses agresseurs l'ont portée jusqu'à un chantier voisin. «Je ne voulais pas brûler le corps», a assuré l'homme, affirmant avoir mis le feu seulement à un morceau de tissu et l'avoir jeté près de la victime.

Compte tenu de l'ampleur du scandale, les suspects ont été arrêtés quelques jours après leur libération et plusieurs responsables de la police et du parquet locaux ont été limogés, selon le ministère de l'Intérieur.

Les auteurs présumés du crime risquent la réclusion à perpétuité, peine la plus sévère en Ukraine, a dit la même source.

(ATS/AFP)

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