01.10.2020 à 13:42

SuisseViolence stable durant les matches de foot et de hockey

L’Office fédéral de la police (fedpol) a recensé tous les matches dans les deux ligues supérieures de Suisse de cette année tronquée par le coronavirus.

Les violences commises par des hooligans sont restées stables entre les saisons 2018-2019 et 2019-2020 (archives).

Les violences commises par des hooligans sont restées stables entre les saisons 2018-2019 et 2019-2020 (archives).

KEYSTONE/STR

Le nombre de cas de violences commis par des supporters lors de matches de football et de hockey sur glace est stable entre les saisons 2018-2019 et 2019-2020. Mais la comparaison est difficile car la saison cette année a été interrompue en mars à cause du coronavirus.

Les matches recensés dans les deux ligues supérieures de Suisse sont répartis en trois catégories, a expliqué l’Office fédéral de la police (fedpol) dans son rapport annuel publié jeudi. «Pas ou peu d’événements violents» signifie par exemple que seuls des autocollants ont été collés sur des panneaux de circulation tandis qu’ «événements violents» signifie que des dommages matériels ont été causés et des engins pyrotechniques allumés.

«Evénements violents graves» signifie que des affrontements ont éclaté, que la police a dû intervenir avec des gaz lacrymogènes et que des engins pyrotechniques ont été allumés aux abords du terrain. Cela signifie en outre que le train spécial affrété a été fortement endommagé et le personnel d’accompagnement pris à partie.

Football

En football, durant la saison 2019-2020, il y a eu le plus d’ «événements violents graves» en Super League, avec 27 matches concernés sur 115, ce qui correspond à un taux de 23,5% de matches. Ce taux s’élevait à 26,2% la saison précédente, avec 48 matches sur 183.

Il y a eu moins d’»événements violents graves» en Challengue League. Sur 115 matches, sept entrent dans cette catégorie (6%). L’année précédente, 11 matches sur 180 ont été considérés comme «violents graves" (6,1%).

L’infraction la plus fréquente est la mise à feu d’engins pyrotechniques. Elle a été commise dans 40,9% des matches, contre 44,6% en 2018-2019.

C’est d’ailleurs l’infraction la plus commise autant par des supporters locaux que par des supporters visiteurs durant les deux saisons évaluées. Les cortèges avant et après les matches sont aussi courants chez les supporters visiteurs, tout comme des dommages à la propriété.

Hockey sur glace

En hockey, les «événements graves violents» sont moins fréquents qu’en football. Ils ont toutefois le plus lieu dans la ligue la plus élevée. En National League, durant la saison 2019-2020, 21 matches sur 300 sont concernés, ce qui correspond à un taux de 7%. Ce taux s’élevait à 3,4% la saison précédente, avec 12 matches concernés sur 356.

En Swiss League, seuls 2% des matches sont considérés comme «événements violents graves», avec 6 matches sur 292. En 2018-2019, 3 matches sur 277 étaient concernés (1,1%).

L’infraction la plus fréquente est également la mise à feu d’engins pyrotechniques durant les deux saisons évaluées. Les pourcentages sont cependant moins élevés qu’en football, avec 5,3% des matches concernés en 2019-2020 et 7,5% en 2018-2019.

L’infraction la plus commise par les supporters locaux concerne les provocations avant et après les matches, durant les deux saisons évaluées. La situation est similaire pour les supporters visiteurs, qui en outre affectionnent particulièrement les cortèges, les affrontements et les jets d’objets.

Interprétation difficile

Après chaque jour de match, fedpol regroupe des informations sur la sécurité et les incidents survenus. Les informations proviennent des polices cantonales, des fédérations sportives et des CFF. C’est la Plateforme de coordination policière sport (PCPS), dirigée par la police cantonale fribourgeoise et à laquelle participe fedpol, qui écrit chaque année depuis 2019 un rapport.

L’interprétation des derniers chiffres est très difficile, a expliqué à Keystone-ATS Florian Näf, porte-parole de Fedpol, puisque la dernière saison a été interrompue prématurément et que des matches ont eu lieu devant des tribunes vides. Il considère que le nombre de cas «graves» est «constant» d’un point de vue purement statistique.

Registre

Fedpol tient par ailleurs à jour un registre des personnes ayant eu un comportement violent lors de manifestations sportives et contre lesquelles une mesure a été prononcée. Actualisé tous les ans, il donne des informations par semestre. En juin 2020, 622 personnes frappées de mesures actives étaient enregistrées dans HOOGAN.

Une fois écoulée la durée d’application de la mesure active, la personne concernée est enregistrée dans le système pendant trois ans encore. En juin 2020, 1525 personnes étaient enregistrées, dont 23 femmes. 216 d’entre elles ont été saisies cette dernière année. 1089 d’entre elles ont un lien avec le football et 493 avec le hockey.

Les deux-tiers des personnes enregistrées ont entre 19 et 29 ans. Fedpol indique qu’une même personne enregistrée dans HOOGAN peut faire l’objet de plusieurs mesures, comme une interdiction de stade et une interdiction de périmètre.

Fedpol précise que ces statistiques ne fournissent que peu d’informations sur l’ampleur ou la hausse de la violence dans les stades. L’augmentation du nombre de mesures prononcées peut s’expliquer par un renforcement de l’intervention policière, sans toutefois que la violence ne se soit réellement accrue dans les stades.

(ATS/NXP)

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