17.08.2018 à 16:57

EditorialViolences: Non, c'est non, tout le reste vient du diable!

La semaine a été marquée par de nombreuses réactions sur le thème de la violence faite aux femmes. Le jugement dans l'affaire Buttet est tombé à pic. Enfin, le Conseil national se montre très divisé sur l'égalité salariale.

par
Eric Felley
Barbara Gysi (PS/SG), Marina Carobbio (PS/TI) et Géraldine Savary (PS/VD), les trois vice-présidentes du PS Suisse montent au front pour que la Confédération prenne davantage au sérieux les violences faites aux femmes.

Barbara Gysi (PS/SG), Marina Carobbio (PS/TI) et Géraldine Savary (PS/VD), les trois vice-présidentes du PS Suisse montent au front pour que la Confédération prenne davantage au sérieux les violences faites aux femmes.

Keystone

Après l'agression de Genève il y a dix jours et une autre à Zurich, la violence contre les femmes reste au centre du débat public. Ce vendredi, le quotidien Blick titre: «La grande fureur des femmes». D'aucunes réclament que le monde politique prenne enfin cette situation au sérieux. Les socialistes exigent que la Confédération lance une campagne de prévention à partir d'un message précis: «Non, c'est non». Selon elles, des actes de violence se produisent parce que les hommes sont incapables d'accepter un refus: «Souvent un non est perçu comme un défi sportif ou romantique», déplorent-elles.

Ironie du calendrier, la justice valaisanne a condamné cette semaine l'ex-conseiller national Yannick Buttet pour contrainte contre une ancienne maîtresse à 30 jours-amendes avec sursis. Le principal intéressé a déclaré avoir de la peine à comprendre ce jugement. Il n'a pas encore assimilé tout à fait que «non, c'est non» et non pas, «peut-être oui...» Certes, le jeu de la séduction est parfois complexe et la parole prend des chemins détournés. Il n'est pas impossible que, dans certaines situations, un homme ou une femme disent le contraire de ce qu'il ou elle pensent. Mais, entre la ténacité, qui peut être positive, et le harcèlement, qui devient négatif, où se situe alors la différence ? Difficile d'en faire une loi. Mais à la fin, quand c'est non, c'est non comme un couperet, et le jeu doit cesser.

La conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS/VD) souhaite une stratégie nationale pour lutter contre la violence faite aux femmes. Le premier obstacle, c'est que beaucoup d'hommes vivent dans le déni de cette violence, qui est comme un héritage inconscient, sportif ou romantique...

La preuve, les membres de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national se sont penchés ce vendredi sur la modification de la loi sur l'égalité. Ils ont repris la version minimaliste du Conseil des Etats qui veut soumettre les entreprises de 100 employé(e)s et plus à procéder à une analyse des salaires sous l'angle de l'égalité. Mais ce fut «knapp»... Au vote final: 13 à 12 grâce à la voix prépondérante de la présidente, Christine Bulliard-Marbach (PDC/FR). En face, tous les représentants de l'UDC et du PLR ont refusé: quand c'est non, c'est non!

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