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LibanViolent attentat à Beyrouth

Un attentat à la voiture piégée à Beyrouth a tué six personnes, dont un proche conseiller de l'ex-Premier ministre libanais Saad Hariri, hostile au régime de Damas. La Syrie a démenti toute implication.

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L'explosion qui a été entendue dans toute la capitale libanaise, a eu lieu à 08h40. (Vendredi 27 décembre 2013)

L'explosion qui a été entendue dans toute la capitale libanaise, a eu lieu à 08h40. (Vendredi 27 décembre 2013)

AFP
Outre la décès de Mohammad Chatah, proche conseiller de l'ex-Premier ministre libanais Saad Hariri, chef de la coalition hostile au régime syrien, on dénombre plusieurs morts et plu de 5o blessés. (Vendredi 27 décembre 2013)

Outre la décès de Mohammad Chatah, proche conseiller de l'ex-Premier ministre libanais Saad Hariri, chef de la coalition hostile au régime syrien, on dénombre plusieurs morts et plu de 5o blessés. (Vendredi 27 décembre 2013)

Keystone
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La puissante explosion s'est produite à 09h40 (08h40 suisses) et a été entendue dans tout Beyrouth. Elle a dévasté une des artères du centre-ville, considéré comme l'une des zones les plus sécurisées de la ville et très fréquenté, en particulier le soir, en cette période de fêtes.

L'attentat a fait cinq autres morts, dont le chauffeur de Mohamed Chatah, et plus de 50 blessés, selon le ministère de la Santé. Lorsqu'il a été assassiné, M. Chatah se rendait au quartier général de Saad Hariri qui, par crainte pour sa sécurité, vit en exil depuis deux ans.

Dirigeant de la coalition sunnite libanaise, Mohamed Chatah était également un adversaire résolu du mouvement chiite libanais du Hezbollah, allié du régime syrien. Il avait été notamment ministre des Finances et ambassadeur à Washington.

Dernier tweet accusateur

Moins d'une heure avant de mourir, Mohamed Chatah, 62 ans, avait publié sur Twitter un message accusant le Hezbollah de chercher à prendre les commandes au Liban. «Le Hezbollah exerce une grosse pression pour disposer en matière de sécurité et de politique étrangère de pouvoirs similaires à ceux détenus par la Syrie au Liban pendant 15 ans», écrivait-il.

Saad Hariri, qui dirige la coalition dite du 14 mars, dont M. Chatah était un stratège, a mis en cause le Hezbollah et Damas dans cet attentat. «Pour nous, les suspects (...) sont ceux qui fuient la justice internationale et refusent de se présenter devant la Cour (pénale) internationale», a-t-il dit.

L'assassinat de M. Chatah survient trois semaines avant l'ouverture, longtemps différée, du procès par contumace à La Haye de cinq membres du Hezbollah. Ils sont soupçonnés de l'assassinat en février 2005 à Beyrouth, selon le même mode opératoire, du père de Saad Hariri, Rafic Hariri.

Damas dément

Mohamed Chatah est la 9e personnalité libanaise critique du régime de Damas et du Hezbollah à être assassinée depuis 2005. Selon un de ses proches, l'attentat est «un message avant le procès qui veut nous dire 'Vous voulez la justice? La voici'».

Le mouvement chiite du Hezbollah a pour sa part dénoncé l'attentat comme «une tentative répugnante de porter atteinte à la stabilité et à l'unité nationale, qui ne profite qu'aux ennemis du Liban». Le régime syrien a démenti toute implication, dénonçant des «accusations arbitraires et sans discernement émanant de haines politiques».

Personnalité modérée

Les condamnations et hommages n'ont pas tardé. Le président de la République Michel Sleimane et le Premier ministre sortant Najib Miqati ont salué une «personnalité modérée».

Le président français François Hollande a condamné un «lâche attentat». L'Arabie saoudite a «fermement» condamné «une attaque terroriste scandaleuse» et le Qatar a dénoncé un «acte criminel en contradiction avec toutes les valeurs humaines».

Les ambassadeurs de France, des Etats-Unis et de Grande-Bretagne, pays qui soutiennent la coalition du 14 mars, se sont rendus sur le lieu de l'attentat. Angelina Eichhorst, ambassadrice de l'UE, a estimé que cet assassinat était «un message contre la modération».

Sur les lieux de l'attentat, des Libanais exprimaient leur ras-le-bol des attaques à répétition et des violences liées à la Syrie.

Eté meurtrier

Plusieurs attentats ont frappé Beyrouth depuis l'été, visant en majorité des bastions du Hezbollah. Les hommes de ce mouvement combattent les rebelles syriens aux côtés de l'armée du président Bachar al-Assad.

Le dernier attentat remonte au 19 novembre. Un double attentat-suicide revendiqué par un groupe lié à Al-Qaïda avait visé l'ambassade d'Iran, allié de Damas, faisant 25 morts.

Le 23 août, un double attentat à la voiture piégée contre deux mosquées sunnites avait fait 45 morts à Tripoli, la grande ville du nord.

L'ONU s'inquiète pour la stabilité du Liban

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et le Conseil de sécurité ont fait part vendredi de leur inquiétude quant à la stabilité du Liban. Ils ont condamné fermement l'attentat perpétré à Beyrouth.

M. Ban a condamné cette attaque «dans les termes les plus forts». «Le secrétaire général est profondément inquiet des actes récurrents de terrorisme au Liban, qui posent une véritable menace à la stabilité du pays et à la cohésion nationale», a souligné le porte-parole de M. Ban, Martin Nesirky.

M. Ban salue les efforts des autorités libanaises et des forces de l'ordre pour «protéger le pays de l'impact de la crise dans la Syrie voisine», et appelle toutes les parties à la retenue, a-t-il ajouté.

Le patron de l'ONU «réitère la détermination de la communauté internationale à défendre la sécurité et la stabilité du Liban», alors que le conflit persistant en Syrie continue de menacer de plus en plus les pays voisins.

Les quinze pays membres du Conseil de sécurité se sont entendus sur une déclaration qui «condamne sans équivoque toute tentative de déstabilisation du Liban par le biais d'assassinats politiques» et «exige l'arrêt immédiat de la violence et de l'intimidation contre des responsables politiques».

(ats)

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