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TunisieViolents affrontements entre islamistes et syndicalistes

La police tunisienne est intervenue mardi à Tunis pour mettre fin à de violents affrontements entre des militants islamistes favorables au gouvernement et des membres de l'UGTT, le principal syndicat du pays.

Des centaines d'islamistes armés de couteaux et de bâtons ont chargé un groupe de syndicalistes à Tunis.

Des centaines d'islamistes armés de couteaux et de bâtons ont chargé un groupe de syndicalistes à Tunis.

Reuters

A l'occasion du 60e anniversaire de la mort de l'ancien dirigeant syndical Farhat Hached, des centaines de syndicalistes s'étaient rassemblés près du siège de l'UGTT, appelant à la grève générale et à la démission du gouvernement, dirigé par les islamistes modérés d'Ennahda.

Plusieurs centaines d'islamistes armés de couteaux et de bâtons ont chargé un groupe de dirigeants de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) et attaqué le siège du syndicat, place Mohamed Ali, faisant voler les vitres en éclats à coups de pierres, ont rapporté des témoins, qui ont fait état d'une dizaine de blessés.

Les forces de l'ordre sont intervenues pour séparer les deux camps. «UGTT, voleurs, vous voulez détruire le pays», scandaient les islamistes, parmi lesquels il n'y avait apparemment pas de salafistes.

«C'est un message d'Ennahda à l'adresse des syndicats. Ce sont les mêmes méthodes que du temps de (l'ex-président Zine) Ben Ali», a estimé un responsable de l'UGTT, Fethi Debek. Ennahda a toutefois «fermement condamné» cette attaque contre le cortège syndical à Tunis et a exprimé «sa solidarité avec tous les blessés».

Après ces heurts, environ 2000 syndicalistes se sont rassemblés devant le siège du gouvernement. «Ennahda finira comme Ben Ali», a prédit l'un des manifestants.

Heurts à Siliana

Le parti au pouvoir accuse par ailleurs l'opposition de gauche d'être à l'origine des manifestations de Siliana.

L'UGTT avait demandé à la population de cette ville deshéritée de descendre dans la rue pour dénoncer le chômage, réclamer la distribution des aides de l'Etat et exiger le départ du gouverneur de la région, un membre d'Ennahda. Les affrontements ont fait plus de 250 blessés.

Le gouvernement a suspendu samedi dernier le gouverneur de ses fonctions et promis des emplois pour les victimes de la «révolution de jasmin» de l'hiver 2010-2011 qui a chassé du pouvoir l'ancien président Ben Ali.

(ats)

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