Yémen: Violents combats à Hodeida malgré la trêve
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YémenViolents combats à Hodeida malgré la trêve

Des combats et des raids aériens font rage à Hodeida malgré la trêve, selon des sources gouvernementales.

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Afin de prévenir la propagation de la pandémie, la coalition militaire menée Ryad observera un arrêt des combats dès jeudi. (7 avril 2020)

Afin de prévenir la propagation de la pandémie, la coalition militaire menée Ryad observera un arrêt des combats dès jeudi. (7 avril 2020)

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La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

AFP
La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

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La ville de Hodeïda, port stratégique de l'ouest du Yémen et principal front du conflit, reste le théâtre de violents combats et raids aériens. La trêve «immédiate» conclue en Suède sous l'égide de l'ONU entre forces loyalistes et rebelles Houthis devrait débuter seulement mardi.

Dimanche, des échanges de tirs sporadiques ont encore été rapportés par des habitants de cette cité des rives de la mer Rouge qui constitue le point d'entrée des opérations humanitaires au Yémen. «On entend les bruits de raids et d'échanges de tirs sans pouvoir les localiser», a dit un des habitants joints par téléphone, sous le couvert de l'anonymat.

Mais ce sont surtout les affrontements et raids aériens de la nuit, les plus violents depuis l'annonce du cessez-le-feu jeudi, qui inquiètent, les belligérants en rejetant la responsabilité sur la partie adverse.

Raids aériens

Au moins 29 combattants, dont 22 rebelles Houthis, ont été tués dans ces opérations, selon un responsable pro-gouvernemental. Ce bilan n'a pu être confirmé de source indépendante à ce stade. Sept rebelles ont en outre été capturés lors d'une offensive des Houthis contre la localité d'Al-Douraihimi, à environ 20 km au sud de Hodeïda, a ajouté la même source.

L'agence de presse Saba contrôlée par les Houthis a de son côté affirmé que l'aviation de la coalition menée par l'Arabie saoudite continuait de procéder à des raids aériens dimanche dans la province de Hodeïda. Elle a accusé les forces pro-gouvernementales d'avoir bombardé samedi soir des quartiers résidentiels de la ville.

Tout en notant que les combats avaient baissé d'intensité à l'aube, un habitant de Hodeïda a confirmé le caractère «violent» des affrontements de la nuit. Il a noté que le bruit d'avions survolant la ville avait été entendu toute la nuit.

Cessez-le-feu en attente

Le cessez-le-feu dans le port d'Hodeïda entre les deux camps en guerre au Yémen débutera mardi 18 décembre, a-t-on appris dimanche auprès de l'ONU et des deux parties en conflit. Yahya Sarea, un haut responsable des forces armées houthies, a déclaré à la presse à Sanaa que le cessez-le-feu devait commencer mardi. «Nous espérons qu'ils tiendront parole, sinon nous sommes prêts à répondre», a-t-il ajouté.

Dans l'entourage du gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite, on confirme cette date et on précise que l'information a été officiellement communiquée aux deux parties dans une lettre de l'émissaire spécial pour le Yémen, Martin Griffiths.

«Certes, l'accord sur Hodeïda prévoit un début immédiat du cessez-le-feu, mais il est normal qu'il faille 48 à 72 heures pour qu'il soit transmis au niveau opérationnel», relativise-t-on à l'ONU. «Nous prévoyons que le cessez-le-feu sera mis en oeuvre à compter de mardi.»

Les Nations unies tentent d'éviter un assaut à grande échelle sur le port, bouée de sauvetage pour des millions de Yéménites menacés de famine.

Cet accord de trêve est sans doute le plus important depuis le début de la guerre, en 2014-15. Son application risque toutefois de se heurter à plusieurs difficultés et nécessiter de fortes pressions internationales, ont estimé des experts. Depuis 2014, la guerre au Yémen a fait au moins 10'000 morts et des millions de personnes sont menacées de famine dans ce pays où sévit «la pire crise humanitaire du monde», selon l'ONU.

(ats)

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