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TémoignageViols en Inde: «Maintenant oui, j'ai peur»

Léonor Bottaro étudie à New Delhi. Cette Valaisanne parle de son expérience dans ce pays miné par les violences contre les femmes.

Léonor Bottaro, étudiante à New Delhi: ?«Dans le métro, je me suis sentie très mal», avoue Léonor, qui juge malgré tout son séjour très positif.

Léonor Bottaro, étudiante à New Delhi: ?«Dans le métro, je me suis sentie très mal», avoue Léonor, qui juge malgré tout son séjour très positif.

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Les viols qui agitent l’Inde depuis décembre mettent en avant l’insécurité qui règne dans ce pays. Hier encore, une touriste britannique a dû sauter par la fenêtre de sa chambre d’hôtel à Agra, ville du Taj Mahal, pour échapper à ses agresseurs. Face à l’incapacité des autorités à juguler ce fléau, la prudence reste la seule alliée des femmes.

Léonor Bottaro, Valaisanne de 17 ans, apprend à vivre dans cette atmosphère étrange. «Oui, maintenant, j’ai peur. Depuis décembre, j’ai pris conscience du danger.» Depuis juillet 2012, elle participe à un échange interculturel AFS d’une année. Si elle a choisi l’Inde, c’est parce qu’elle veut faire de l’humanitaire. Elle loge dans une famille d’accueil et étudie dans un collège anglophone.

«Avant, je respectais seulement les règles qu’on m’imposait. Mettre des habits amples, rentrer avant la tombée de la nuit et ne pas me déplacer seule. Maintenant, je le fais par choix. Le plus dérangeant, c’est le regard des hommes. Je suis dévisagée. Tout le temps. Au début, je pensais que c’était parce que j’étais Européenne, mais en fait c’est pareil pour toutes les femmes.»

Autre moment difficile, les transports publics. «Une fois, j’étais avec des amis et j’ai voulu rester avec eux dans le métro. Les gens étaient très serrés et certains hommes me touchaient. Je me suis sentie vraiment très mal. Depuis, c’est clair que je ne vais plus que dans les compartiments réservés aux femmes. Malgré tout, mon expérience ici est positive et je le referais sans hésiter.»

A Martigny-Croix, Martine Bottaro reste en contact régulier avec sa fille. «Bien sûr, en tant que mère je suis anxieuse. Mais elle est bien encadrée et c’est une fille responsable et très mature. Nous sommes très fiers d’elle, mais j’ai quand même hâte qu’elle revienne.»

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