Football: Vitkieviez: «Un gros coup de chapeau à toute l’équipe»
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FootballVitkieviez: «Un gros coup de chapeau à toute l’équipe»

Aujourd'hui à Carouge, Matias Vitkieviez avait porté le tricot de Young Boys durant trois saisons. Le Genevois a forcément passé une journée particulière vendredi soir...

par
Christian Maillard
Carouge
Matias Vitkieviez, à gauche, a eu beaucoup de plaisir à affronter son ancienne équipe bernoise.

Matias Vitkieviez, à gauche, a eu beaucoup de plaisir à affronter son ancienne équipe bernoise.

Keystone

Lorsqu’a eu lieu le tirage au sort, lors du tour précédent en Coupe de Suisse, Matias Vitkieviez espérait de tout cœur affronter un de ses anciens clubs: Servette, Young Boys ou Saint-Gall. Et comme s’il avait été entendu par une force divine, son vœu a été exaucé. C’est le champion de Suisse en titre qui s’est déplacé à Carouge vendredi soir, pour le plus grand plaisir de ce Genevois de 34 ans, qui a forcément vécu un moment particulier contre l'Ours de la capitale, lui qui avait porté les couleurs «jaune et noir» entre 2012 et 2015. L’occasion pour lui de recroiser des coéquipiers de cette période, comme Marco Wölfli, Grégory Wüthrich ou Jean-Pierre Nsamé. Entre émotions, fierté et regrets, le sympathique No 7 de la Fontenette est revenu sur ce 32es de finale qui a vu le «grand» s’imposer finalement chichement, 1-0, face au pensionnaire de Promotion League, comme l’an passé à Colovray face au Stade Nyonnais.

Alors, Matias, dans quel état d’esprit étiez-vous ce vendredi sur le terrain?

On savait que c’était un gros poisson soit ce qu’on fait de mieux en Suisse. Donc ce n’était que du bonheur, une chance de jouer face à Young Boys. On savait que cela allait être un match super compliqué mais aussi un plaisir de défier cette équipe de YB. J’étais allé voir la rencontre de l’an passé à Nyon et cette fois ce sont eux, les Bernois, qui étaient là pour moi! Alors oui, c’était forcément un match spécial pour moi et je suis très heureux d’avoir pu tous les revoir ici, chez moi, chez nous. Je leur souhaite le meilleur pour la suite du championnat et surtout pour cette double confrontation pour la qualification en Champions League contre l’Etoile Rouge de Belgrade.

Il y a eu passablement d’émotions, dont notamment le retour de Jean-Pierre Nsamé à Genève, qui semble avoir gardé un contact particulier avec vous, non?

J’ai en effet de supers relations avec lui. Il vient d’ailleurs souvent me voir à Carouge.

C'est pour cela qu'il vous appelle le Padre?

Lorsqu’il est arrivé en test au Servette, en 2016, dès le départ je me suis occupé de lui et on a eu d’emblée un très bon feeling. Il venait régulièrement à la maison, je lui prêtais ma voiture, on se faisait confiance. C’est pour cela qu’il m’appelle le «Padre» parce que je suis plus vieux que lui (ndlr: Nsamé a 8 ans de moins) et que je me suis comporté comme un père avec lui. C’est depuis cette période qu’il m’appelle ainsi et cela me fait plaisir.

Vous êtes plus vieux que lui mais sur le terrain vous avez toujours le plaisir d’un jeune de 20 ans...

Oh, on va surtout dire que dans ma tête je n’ai pas vieilli et qu’il est vrai que j’ai encore de la facilité à courir. Mais comme j’ai toujours été un joueur d’équipe, j’aime bien aussi défendre, ce qu’on a fait aujourd’hui. Du coup, ce vendredi, on a tellement défendu que je n'avais plus suffisamment d’énergie pour attaquer. Avec tous ces efforts défensifs, il nous a manqué de la lucidité quand nous avions le ballon...

Mais vous avez touché la peau de l’ours et tutoyé l’exploit, de quoi nourrir des regrets?

On va dire qu’on a été mal payé, car j’ai revu les images de la TV et même le commentateur disait qu’il y avait penalty à la 41e minute. Quand au but de Ngamaleu, il y a apparemment hors-jeu. Mais bon, Young Boys, qui a eu de grosses occasions, était plus fort. Notre gardien, Damien Chappot, a fait un super match mais surtout un gros coup de chapeau à toute l’équipe sans oublier notre coach. Jean-Michel Aeby avait carrément changé notre système de jeu en mettant du monde au milieu pour ne pas laisser d’espaces entre les lignes. On a réussi un match compact en bougeant tous ensemble et on peut être fier du résultat, de s’être tous battus jusqu’au bout les uns pour les autres. Ce sont des petits détails qui ont fait la différence comme ce penalty non sifflé ou ce but semble-t-il hors-jeu. Et voilà, à la fin, c’est YB qui a gagné.

Et là, alors que Young Boys va recevoir l’Etoile Rouge de Belgrade, vous serez à Bavois, car votre championnat de Promotion League continue...

Oui et là aussi on a été mal payés lors de nos trois premiers matches! Mais si on a pu mettre en place un bon système défensif, il nous manque encore ce petit truc devant pour marquer même si on se créée pas mal d’occasions. Contre Münsingen, samedi dernier, les gars de l’équipe adverse sont même venus vers moi pour me dire «désolé», c’est la première fois de ma vie qu’un joueur de l’équipe d’en face me disait ça, après nous avoir volé deux points à la 95e minute. A nous de faire en sorte que tous ces détails qui ne sont pas de notre côté actuellement tournent en notre faveur. Cela passe par du travail à l’entraînement et dès qu’on va trouver ces solutions en attaque, cela risque de faire mal!

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